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— 45 — être r a n g é s en deux catégories principales : ceux dont les d r o i t s résultent d'actes ( a u t h e n t i q u e s ou sous s e i n g p r i v é ) , et ceux qui ne peuvent se réclamer que d e droits provenant d ' u n e pos- ¡ session plus ou moins l o n g u e . En ce qui c o n c e r n e les p r e m i e r s , ceux qui seront nantis d e l e u r s actes n ' a u r o n t qu'à vous les p r é s e n t e r et, dans ce c a s , la formalité de la reconnaissance, c o m m e je le disais au Conseil g é n é r a l , se b o r n e r a la plupart du temps à un simple e n r e ­ gistrement. Pour les d e m a n d e u r s qui invoqueront des d r o i t s résultant d'actes ou de litres p e r d u s , ils auront toute facilité pour en r e c h e r c h e r la trace dans les archives, soit de l ' e n r e g i s ­ t r e m e n t , soit du c a d a s t r e . En ce qui concerne la seconde c a t é g o r i e , les d é t e n t e u r s du sol sans actes, vous n'hésiterez pas a les r e c o n n a î t r e p r o p r i é ­ taires a l'égard du Domaine, si leur possession réunit les c o n ­ ditions r e q u i s e s p o u r prescrire par trente a n s . L o r s q u e vous vous trouverez en face d'une possession de m o i n d r e d u r é e , vous n e devrez pas écarter de plano la d e m a n d e qui vous sera s o u ­ mise. C'est surtout d a n s ce cas que vous devrez vous inspirer d e l'équité et du but poursuivi p a r le décret. Chaque fois que le d e m a n d e u r eu reconnaissance vous apportera la preuve q u e sa possession a été c o n t i n u e , publique, paisible et n o n équivoque, qu'il a mis en exploitation utile le terrain ou l ' i m ­ meuble qu'il revendique, l'équité vous fera une obligation d e reconnaître ses d r o i t s . Le but poursuivi par le d é c r e t é t a n t réalisé, quel intérêt pourrait-il y avoir à r e p r e n d r e une t e r r e pour la retrocéder à quelqu'un qui pourrait se montrer moins actif et moins laborieux que le précédent o c c u p a n t ? Dans le d o u t e , quand les litres de propriété seront o b s c u r s ou m ê m e lorsqu'ils feront totalement défaut, la raison commandera de protéger le possesseur q u i a pour lui un état d e fait conforme à certaines exigences de la loi. La commission n e devra pas perdre de vue c e principe qui a servi d e base aux actions possessoires prévues p a r nos lois. C'est d a n s cet o r d r e d'idées que je disais au Conseil général que la p o s s e s ­ sion annale pourrait elle-même ê t r e invoquée utilement d e ­ vant la commission administrative. Le d é c r e t du 3 avril 1900 vous d o n n e , Messieurs, les p o u ­ voirs les plus é t e n d u s pour l'appréciation des titres produits ; vous pouvez en « prononcer la nullité » (art. 4). Ces pouvoirs, vous les e x e r c e r e z , pour le bien public, avec l'esprit d'équité 5

Bulletin officiel de la Guyane française (1901)  

Auteur : Partie 1 d’un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles e...

Bulletin officiel de la Guyane française (1901)  

Auteur : Partie 1 d’un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles e...

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