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CULTURE DU

CACAOYER

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basses, comme le manioc (appelé yucca dans l'Amérique centrale). A Madagascar, M. Lacharme, chef de cultures de la Compagnie lyonnaise, recommande le tabac marron, dont il conseille de placer un pied à l'est et l'autre à l'ouest de l'endroit où sera le jeune cacaoyer. C'est vers la sixième année que les bananiers seront coupés, les grands arbres pouvant, dès lors, jouer leur rôle protecteur. Ces végétaux de second ombrage doivent être évidemment choisis parmi les espèces qui réalisent le mieux les conditions suivantes : une croissance rapide, une ramification abondante à une certaine hauteur, des feuilles larges, des racines qui ne soient pas traçantes, et enfin un bois qui ne soit pas trop cassant et qui ne soit pas, d'ordinaire, envahi par les insectes. Il y aura en outre un avantage qu'on conçoit à préférer les essences utilisables : arbres d'ébénisterie ou arbres fruitiers. Ainsi on emploie quelquefois, au Vénézuéla et aux Antilles, l' Acajou du pays (Cedrela odorata) et l' Acajou Mahogani (Swietenia Mahogani). Après l'épuisement de la cacaoyère, les troncs abattus, qui ont alors trente ou quarante ans, représentent une valeur considérable. On emploie assez souvent encore le manguier (Mangifera indica), l'arbre à pain (Artocarpus incisa), le sablier {Hura crepitans), le monbin (Spondias Monbin), le muscadier, etc. Mais, en Amérique, l'essence préférée entre toutes, et à tel point que les Espagnols l'ont nommée madré del cacao (mère du cacao), c'est l'Erythrine ou Immortelle, appelée encore bucare au Vénézuéla, poro à Costa-Rica, colorin au Mexique, etc. Au Vénézuéla, deux espèces d'érythrines sont plus particulièrement plantées : l'Erythrina urnbrosa, ou bucare peonio, et l'Erythrina velutina, ou hucare anauco, qui, toutes deux, résistent mieux au vent que les autres. l'anauco, un peu plus exigeant, au point de vue du sol, que le peonio, donne le meilleur ombrage. Au Surinam, où l'érythrine est appelée Kofie-mama, il y a, d'après Bartelinck, une variété rouge et une variété blanche ; c'est celle-ci qui reprend le plus facilement. On multiplie les deux par branches de 2 mètres environ de hauteur, qu'on fiche profondément dans le sol.

Le cacaoyer sa culture et son exploitation dans tous les pays de production  

Auteur : Henri Jumelle / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

Le cacaoyer sa culture et son exploitation dans tous les pays de production  

Auteur : Henri Jumelle / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

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