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LE CACAOYER

En creusant le sol, pour trouver l'eau, ces crustacés, qui appartiennent au genre Cardisoma des Décapodes brachyures, et dont le plus gros est le crabe blanc, ou grand toulourou, ou Cardisoma Guanhumi, altèrent les racines et le bas du tronc. On les chasse surtout pendant la nuit, qui est le moment où ils sortent de préférence ; au besoin, on provoque leur sortie en versant de l'eau bouillante sur leurs tanières, quand cellesci ne sont pas trop rapprochées des arbres. Insectes. — Beaucoup d'insectes attaquent les cacaoyers. Parmi les fourmis (bachacos au Venezuela) c'est surtout, dans l'Amérique centrale, la grosse Fourmi-parasol [Atta Cephalotes Fabr.), appelée encore palometo, qui ronge l'écorce du tronc et des racines et s'attaque également aux feuilles1. L'arbre, dénudé à sa base, se dessèche et meurt. Lorsque le mal n'est pas trop grand, on met à nu le tronc et les grosses racines et on les recouvre de poudre insecticide. Mais il est plus sûr encore d'user de moyens préventifs, en allumant du feu sur toutes les fourmilières qui peuvent se trouver dans les environs ; et, pour compléter les précautions, il est bon d'arroser ensuite la terre avec de l'eau additionnée d'une solution de sublimé ou autre. On pétrit enfin avec le pied la terre humide pour fermer toutes les ouvertures. Parmi les coléoptères, un des plus nuisibles, en Amérique, est l'asserador de cacao (ou scieur de cacao), qui est le Steirastoma depressa Fabr. (Steirastoma difformis Dej.). L'insecte perce l'écorce du tronc, ou des branches et se creuse un canal, dans lequel il dépose plus tard ses œufs ; les larves 1. D'après des observations de M. Moeller, qui datent de 1894, ces fourmis du genre Atta découperaient les feuilles des arbres qu'elles attaquent, moins pour s'en nourrir, que pour les transporter dans leurs nids et faire des cultures de champignon. On a remarqué, en effet, depuis longtemps qu'un mycélium se développe sur ces feuilles entassées dans les fourmilières; M. Moeller a établi que c'est ce blanc de champignon qui est la véritable nourriture des fourmis. Le même auteur, en suivant le mycélium hors des nids, a vu qu'il aboutissait toujours à une Agaricinée dont il est la partie végétative souterraine, le Rozites gongylophora.

Le cacaoyer sa culture et son exploitation dans tous les pays de production  

Auteur : Henri Jumelle / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

Le cacaoyer sa culture et son exploitation dans tous les pays de production  

Auteur : Henri Jumelle / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

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