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C H A P I T R E III.

Ses Elégies, ses Tristes, sont remplis de contradictions. Il paraît que son Art et aimer n'était que la cause publique ostensible de

et, pour

sa relégation, et

ainsi dire, qu'il n'osait

m ê m e en indiquer la cause secrète, de peur d'offenser Auguste (1). Il place dans l'Olympe tous les parens de l'empereur, à l'exception de sa fille Julie. Mais, si je n'y prends garde, je vais imiter les érudits qui ont consacré des volumes a la recherche de ce secret. Je crois que c'est une anecdote de cour, qui, si elle était connue, mériterait à peine quelques lignes dans l'histoire. Elle pourra remarquer, au contraire, que parmi tant d'infortunés , aucun de nous ne s'est ainsi prosterné devant la tyrannie. Je ne sache pas qu'un seul ait loué le divin La Révellière ou l'immortel Barras. A

la chute de la république romaine, les

exemples de faiblesse et de lâcheté furent bien plus c o m m u n s qu'ils ne l'ont été chez nous, lorsque la liberté naissante succomba. La soumission de Cicéron m e semble encore plus remarquable que celle d'Ovide. L'orateur romain n'est, dans ses dernières disgraces, ni philosophe, ni

(l)

N e c lève, nec tutum , peccati quæ sit origo , Scribere ;tractarivulnera nostra liment. (De Ponto , I , 61 sq.) ТОМ.

II.

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Journal d'un député non jugé, ou déportation en violation des lois : Tome I  

Auteur : François Barbé de Marbois / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université...

Journal d'un député non jugé, ou déportation en violation des lois : Tome I  

Auteur : François Barbé de Marbois / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université...

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