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C H A P I T R E II.

» couragement se répandirent parmi eux. Quel» ques actes d'autorité faits à contre-temps les » désespérèrent. L'intendant et ses familiers se »livraient à la dissipation, et leurs festins con» trastaient avec la misère publique. O n croyait » peut-être y faire ainsi quelque diversion ; mais, »au bruit de ces a m u s e m e n s m ê m e , la conta»gion se déployait avec fureur, la mort fit » de prompts ravages. Quelques enfans se vi» rent privés, dans la m ê m e journée, de leurs » parens ; on en trouvait qui, attachés sur le » sein de leur mère expirée , y cherchaient en »vain leur aliment accoutumé. Il mourait jus» qu'à quinze o u vingt individus par jour. Il » est bien vrai, qu'après les avoir ainsi impru» d e m m e n t exposés à périr, rien ne fut épargné » pour les conserver. O n acheta tout ce qui » put être tiré des colonies voisines ; mais l'im» possibilité de distribuer des soins particuliers » à tous était la principale cause d u mal. La m o r talité était générale q u a n d le chevalier Turgot » arriva. C'était pour lui le m o m e n t de se montrer » et d'agir. O n s'attendait qu'il viendrait visiter » les émigrés , et leur apporter les consolations » qui dépendaient de lui; mais il ne put se ré» soudre à être témoin de cette désolation. Il » fit arrêter Chanvallon (1); cet intendant fut (1) 24 septembre 1764.

Journal d'un député non jugé, ou déportation en violation des lois : Tome I  

Auteur : François Barbé de Marbois / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université...

Journal d'un député non jugé, ou déportation en violation des lois : Tome I  

Auteur : François Barbé de Marbois / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université...

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