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ANNEXES.

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Je disais : Voilà donc la demeure dernière O ù d'un sommeil sans fin j'irai dormir près d'eux.

Je subissais m o n sort sans regrets et sans plaintes , Et je ne ressentais ni haine, ni courroux, Mourant, je n'éprouvais ni faiblesse , ni craintes; Amis ! j'étais ainsi toujours digne de vous.

Il n'est, au lit de mort, aucune différence Entre une humble cabane et de riches lambris, Cent fois plutôt mourir ici, dans l'innocence, Que de vivre coupable au milieu de Paris.

Laffon et moi formons le déplorable reste De tant d'infortunés en ces lieux réunis ; Nous demeurons debout sur ce volcan funeste , Animés par l'espoir, seul soutien des bannis.

Lorsqu'un anthropophage , aux bords du Lemebare , Réserve un prisonnier pour ses affreux festins , Le misérable objet de ce répit barbare Se soumet 6ans murmure à ses tristes destins.

Ses féroces vainqueurs jettent des cris de rage, Ils aiguisent leurs traits, il les voit, les entend:

Journal d'un député non jugé, ou déportation en violation des lois : Tome I  

Auteur : François Barbé de Marbois / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université...

Journal d'un député non jugé, ou déportation en violation des lois : Tome I  

Auteur : François Barbé de Marbois / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université...

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