Page 27

CHAPITRE

II.

21

Ce corps, si puissant autrefois, était encore redoutable, malgré les grands échecs qu'il avait éprouvés. Les directeurs jugèrent q u e , pour leur propre conservation, ils devaient se délivrer de tous les prêtres qui persisteraient dans leur opposition. L a déportation leur parut le m o y e n le plus simple et le plus expéditif. Jeannet n'ignorait pas combien C o n a n a m a était malsain. 11 y fit cependant construire à la hâte des cases, tant pour nous que pour les prêtres arrivés par la Décade. Des Indiens furent chargés de ce travail; mais on les paya m a l , et, avant qu'il fût terminé, ils s'enfuirent sur le territoire hollandais. Ces gens voulaient que ce travail pût leur être profitable, et je crois qu'ils avaient raison. Je pensais m ê m e que travailler pour m o n propre a m u s e m e n t , ce n'était pas tout-à-fait perdre m o n temps; mais j'aspirais à toute autre chose qu'à faire des vers médiocres ' o u m e fabriquer u n violon. Je voulais un travail utile à la société. J'ignore si la brouette de Pascal était destinée à transporter des personnes ou des matériaux ; mais je m e décidai pour la brouette à l'usage des simples m a n œ u vres. O n

n'avait

jamais v u rien de pareil à Sinnamari, o ù les noirs ne connaissent d'autre m o y e n de déblai ou remblai que par des paniers qu'ils chargent sur leurs épaules.

Journal d'un député non jugé, ou déportation en violation des lois : Tome I  

Auteur : François Barbé de Marbois / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université...

Journal d'un député non jugé, ou déportation en violation des lois : Tome I  

Auteur : François Barbé de Marbois / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université...

Profile for scduag
Advertisement