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CHAPITRE

IX.

secondés par toutes sortes de m o y e n s , et m ê m e en payant par des primes une partie d u prix des nègres importés d'Afrique. Les colonies atteignaient le plus haut degré de prospérité, q u a n d soudainement ces magnifiques créations ont été renversées, sans qu'il y ait possibilité de jamais les relever. U n e si grande injustice d e m a n d e une réparation , sinon égale à la ruine éprouvée, au moins proportionnée aux ressources de la nation auteur d'un si grand d o m m a g e . Les pertes d u c o m m e r c e , quoique mobilières seulement, n'en affectent pas moins la propriété. Si elles résultent des avances qu'il a faites aux colons, c'est de ceux-ci qu'il peut espérer son remboursement; mais il est d'autres pertes dont il doit lui être tenu compte par le gouvernement. C'est par nos rois que les colonies ont été fondées, fortifiées, agrandies; ils ont excité le commerce à s'engager dans ces entreprises par de grands capitaux; ils ont m ê m e négligé les provinces d u royaume pour féconder ce sol étranger. Bordeaux, Nantes, Marseille distribuaient à l'Europe une grande partie de ces denrées privilégiées qui appartiennent

presque exclusi-

vement à la France et à l'Angleterre. Dejà ces précieux produits ont c o m m e n c é à enrichir des pays cent fois plus étendus que toutes les Antilles , o ù bientôt ils ne seront cultivés qu'à perte.

Journal d'un député non jugé, ou déportation en violation des lois : Tome I  

Auteur : François Barbé de Marbois / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université...

Journal d'un député non jugé, ou déportation en violation des lois : Tome I  

Auteur : François Barbé de Marbois / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université...

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