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C H A P I T R E IX.

on pouvait juger aisément quelles étaient nos dispositions. Nous fûmes tout à coup investis de la confiance des colons, et l'agent se vit délaissé par eux tous : il l'était m ê m e par la garnison, car il n'avait inspiré au soldat ni crainte ni affection. La société était évidemment en guerre contre u n magistrat qui la conduisait à une perte certaine. Aussitôt que notre résolution fut prise, Laffon, moitié sérieux, moitié riant, m e dit:

« L'insurrection est le plus saint des devoirs; nous » saurons dans quelques jours si elle est aussi « le plus dangereux. Et vous, dites-moi ce que » vous augurez.—Ce que j'augure, lui répondis» je, c'est que l'agent succombera, nous serons » rappelés, et, de retour à Paris, nous y serons » pendant vingt-quatre heures à la m o d e c o m m e » deux ressuscités. Burnel peut triompher cep e n d a n t ; et, dans ce dernier cas, on lira » notre article nécrologique dans le Moniteur; et » il ne sera pas long: Laffon et Marbois sont morts » à Oyapok. » Nous

fûmes ponctuellement

instruits

des

résolutions prises dans les conciliabules

co-

loniaux, et nos avis y furent presque toujours adoptés. Burnel eut connaissance de notre participation; mais nous avions tellement avancé les choses, qu'il n'était plus temps pour lui d'élever

Journal d'un député non jugé, ou déportation en violation des lois : Tome I  

Auteur : François Barbé de Marbois / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université...

Journal d'un député non jugé, ou déportation en violation des lois : Tome I  

Auteur : François Barbé de Marbois / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université...

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