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C H A P I T R E

IX.

le jour de cette entreprise. Les nègres croyaient fermement à sa prédiction , et sous prétexte de repousser l'invasion dont il disait la colonie m e nacée, il les avait appelés tous à la défendre. Ces insurgés remplissaient la ville et le faubourg. Les provisions se consommaient rapidement. Il était impossible de payer la solde de ces nouveaux corps, et on était menacé à la fois de la famine et de l'incendie des habitations. Les partis se montrèrent alors à face découverte : on voyait dans l'un les esclaves ainsi accourus, et avec eux

les gendarmes; ces derniers étaient

presque tous nègres. O n croyait que l'agent luim ê m e était le chef secret de cette faction. Le parti contraire était composé des colons blancs, d u bataillon blanc de la troupe de ligne, et de la

plupart

des gens de

couleur

affranchis

avant la révolution. Il faut faire cor naître de quels élémens les trois factions étaient c o m p o sées. Lorsque l'abolition de l'esclavage fut prononcée , les blancs ne comprirent pas q u e , dans les dangers dont ils étaient menacés , ils avaient pour alliés naturels la classe puissante des anciens affranchis, et qu'il importait à leur propre existence de renoncer aux principes qui avaient tenu si long-temps

les mulâtres dans l'abjec-

tion. Mais l'expérience fit bientôt prévaloir la prudence. Les blancs et les gens de couleur libres

Journal d'un député non jugé, ou déportation en violation des lois : Tome I  

Auteur : François Barbé de Marbois / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université...

Journal d'un député non jugé, ou déportation en violation des lois : Tome I  

Auteur : François Barbé de Marbois / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université...

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