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CHAPITRE

VI.

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ciliai, et je rendis, je crois , tout le m o n d e content. Pour quelques actes, que nos plus ignorans praticiens savent par coeur, j'obtins l'admiration universelle. Félicitez-moi, c o m m e Cicéron félicitait Trebatius , de n'avoir pas son égal parmi les jurisconsultes de Samarobrive. Ce lieu était, je crois, un des Sinnamari de ce temps-là, et je ne puis vous expliquer c o m m e n t la peuplade sauvage de Samarobrive est devenue laflorissanteville d'Amiens. Qui sait si, dans vingt siècles d'ici, les arts, l'industrie, les sciences, n'auront pas aussi élevé Sinnamari au rang des premières cités d u m o n d e ? J'allai voir le chirurgien d'Iracoubo. E n entrant dans son jardin, j'y trouvai, sous u n berceau , u n vieillard dont l'air m'inspira de la vénération. C'était Daru., qu'on avait déporté malgré son grand âge. Ce prêtre jouissait d'une paix profonde dans ce séjour, encore plus sauvage que Sinnamari. Le climat l'avait guéri d'une maladie qui avait résisté à tout l'art des médecins en Europe. Des mains bienfaisantes lui offraient son pain quotidien. 11 donnait, à son tour, aux enfans d u lieu des leçons et des exemples de sagesse, et la religion achevait de lui faire trouver sa situation heureuse. Le maître d u logis m'a assuré qu'il том.

n'avait jamais proféré II.

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une

Journal d'un député non jugé, ou déportation en violation des lois : Tome I  

Auteur : François Barbé de Marbois / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université...

Journal d'un député non jugé, ou déportation en violation des lois : Tome I  

Auteur : François Barbé de Marbois / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université...

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