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C H A P I T R E VI.

sorte de timidité que les philosophes faisaient entendre leurs réclamations. Je m'étonne

en

lisant le beau livre de Cicéron , sur les devoirs des h o m m e s en société , de n'y trouver que ces faibles expressions en faveur des esclaves : « Nous » devons justice aux h o m m e s d u plus bas rang, » aux esclaves ; exiger leur travail, et faire pour » eux ce qui est juste ( 1 ) . » Cependant, et quoique avec lenteur, les maxim e s d'humanité obtinrent plus de faveur. C'est sous les empereurs que la doctrine d u Christ c o m m e n ç a à se répandre. C e sage était animé d'une bienfaisance si générale, que plusieurs ont prétendu qu'il avait médité l'entière abolition de l'esclavage. C'est une erreur. Cette institution était trop universelle lorsqu'il professa ses belles m a x i m e s , pour qu'il pût avoir le dessein de la réformer, et ses efforts se bornèrent à l'adoucissement d u sort des esclaves. Lorsque ensuite les gens d'église se furent enrichis des usurpations d u régime féodal, o n les vit souvent contraires à l'émancipation des serfs, et leur résistance s'est prolongée jusqu'à nos temps. L'Evangile a fait tant de bien, qu'il n'est pas nécessaire de lui attribuer celui qui n'est pas son ouvrage. O n reconnaîtra q u e l'église de R o m e n'a eu en

(1) CICÉRON , De

Officiis

, Liv. 1, §. 13.

Journal d'un député non jugé, ou déportation en violation des lois : Tome I  

Auteur : François Barbé de Marbois / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université...

Journal d'un député non jugé, ou déportation en violation des lois : Tome I  

Auteur : François Barbé de Marbois / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université...

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