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CHAPITRE

VI.

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Les Romains ne se montrèrent pas plus h u mains que les Grecs envers leurs esclaves. Les lois des deux pays, sur celte matière, étaient détestables sans doute, mais elles étaient nécessaires au soutien d'une institution désavouée par la nature et la raison. Le sénatus-consulte qui porte le n o m

de Silanus était aussi atroce

que la crypte de Lacédèmone. Il ordonnait que si u n maître était tué dans sa maison, tous les esclaves qui l'habitaient seraient mis à mort , sans distinction d'âge, ni de sexe. C'est tandis que cette loi était en

vigueur

que ce beau vers de Térence fut entendu au théâtre de R o m e , et entraîna des applaudissem e n s universels.

« H o m o s u m , nihil humani à m e alienum puto. »

» Je suis h o m m e , et rien d'humain ne m'est » étranger. » Et en m ê m e

temps

les esclaves

étaient réputés ne point faire partie de l'espèce humaine. Dans les derniers temps de la république romaine, u n petit n o m b r e de moralistes essaya de s'élever contre l'esclavage ; mais ces lueurs d'humanité disparaissaient devant des lois et des habitudes dont les siècles avaient fait c o m m e une seconde nature. C'était toujours avec une

Journal d'un député non jugé, ou déportation en violation des lois : Tome I  

Auteur : François Barbé de Marbois / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université...

Journal d'un député non jugé, ou déportation en violation des lois : Tome I  

Auteur : François Barbé de Marbois / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université...

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