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CHAPITRE

VI.

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car il n'y avait ni accusation , ni défense , ni forme de jugement. L'esclavage était en Grèce, et il est encore , dans une grande partie d u m o n d e , la condition de la plupart des h o m m e s . Cet état a paru longtemps si nécessaire au maintien de la société , que les philosophes les plus célèbres parmi les Grecs n'ont pas m ê m e mis en question si une société pouvait exister sans esclaves. Platon , créant une république au gré de son imagination, fait entrer l'esclavage dans les lois qu'il lui donne. Il veut qu'on soit juste envers les esclaves, et en m ê m e temps il leur refuse le droit naturel de défense, quand m ê m e ils souffrent des injustices. Il dit dans les m ê m e s termes qu'Homère : « Q u a n d l'homme devient esclave, il perd » la moitié de ses facultés. » «Il n'est pas facile, dit Aristote , de gouverner » les esclaves : trop libres, ils veulent s'égaler » a leurs maîtres ; s'ils sont traités trop rude» m e n t , on les jette dans la rébellion. » Bientôt, mettant les faits de la violence à la place du droit naturel, il range les esclaves parmi les brutes ; et, se fondant sur cette odieuse supposition, voyant l'esclavage adopté d'un consentement universel, il établit qu'il est inséparable de l'état de société. On

citerait beaucoup d'autres philosophes том. п. 8

Journal d'un député non jugé, ou déportation en violation des lois : Tome I  

Auteur : François Barbé de Marbois / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université...

Journal d'un député non jugé, ou déportation en violation des lois : Tome I  

Auteur : François Barbé de Marbois / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université...

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