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CHAPITRE

VI.

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toute une race innocente ont été prolongés jusqu'à nos jours. La guerre n'y a point de part. C'est aussi dans ces temps anciens que c o m mence la domesticité ; mais les patriarches régissaient leurs familles par l'autorité de la raison, et ne se faisaient pas obéir par crainte des châtimens. Ils allaient aux champs avec leurs enfans et leurs ouvriers ; tous apprêtaient ensemble les repas journaliers et les banquets des fêtes; ils étaient assis aux m ê m e s tables et vivaient sous les m ê m e s tentes. Le serviteur pouvait devenir l'héritier de son maître. Agar paraît n'avoir été qu'une servante de Sara, et non son esclave. Abraham envoie u n serviteur en Mésopotamie pour chercher une épouse à son fils. L'envoyé parle en termes magnifiques des richesses de son maître, et il en fait l'énumération dans l'ordre suivant : des brebis, des bœufs, de l'or, des serviteurs, des servantes, des chameaux, des ânes. Je ne vois dans ces récits rien qui indique le droit de la guerre ou de la victoire. L'habitude de c o m m a n d e r et d'obéir passe des pères aux enfans. Le maître a d û être plus absolu en devenant plus riche; le serviteur a été plus soumis quand la discipline est devenue plus nécessaire, et c'est ainsi que la domesticité m e semble avoir donné naissance à l'esclavage.

Journal d'un député non jugé, ou déportation en violation des lois : Tome I  

Auteur : François Barbé de Marbois / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université...

Journal d'un député non jugé, ou déportation en violation des lois : Tome I  

Auteur : François Barbé de Marbois / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université...

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