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VOYAGE DANS L'ÉQUATEUR ET LE PÉROU.

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montagnes excessivement ravinées ; le climat y est tempéré et h u m i d e . Je ne fis qu'y passer la nuit, et m e hâtai d'aller rejoindre mon compagnon à la Palmira. J e retournai deux jours après à Yangana pour visiter les hautes montagnes du Zamora, tandis que M. Noetzli, entouré de soins par la famille Carrion, réparait ses forces et se Vers la fin du XVII siècle, un habitant de Vilcabamba continua, mais vainement aussi, les travaux du frère jésuite. Au commencement du X V I I I siècle, quelques habitants de la ville de Loja formèrent une société dont l'acte passé devant notaire, existe e n core, m'assure-t-on. Pour des causes ignorées jusqu'à présent, les travaux ne furent pas entrepris. En 1787, le capitaine espagnol Romero, ayant découvert un trésor d'objets en or dans le torrent voisin de la plate-forme de Quinara, le corregidor général de Loja, M. Pierre-Xavier Valdivieso, exigea la part d'or qui revenait au fisc; et lui-même encouragé par cette découverte, se mit à la recherche du trésor de Quinara en 1790; mais après avoir employé la somme d'environ 8000 pesos (32 000 francs), il abandonna les travaux. e

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En 1819, les principaux habitants de Loja formèrent une compagnie, réunirent 4000 pesos (16 000 francs) et recommencèrent les fouilles. Comme leurs prédécesseurs, ils firent les excavations dans la partie orientale de la plate-forme. Bientôt, on découvrit les grandes pierres (l'une de ces pierres sert de pieu dans la hacienda de Palmira et l'autre gît auprès de la plate-forme). En continuant les travaux avec enthousiasme, le désiré mascaron apparut, mais on n'en reconnut le dessin qu'après l'avoir remué à plusieurs reprises et l'avoir mis en état d'être sorti du trou. A la vue de ces objets la joie et l'avarice des chercheurs augmentent à l'excès. On veut arriver à la dernière couche qui est indiquée. On déterre la quipa ainsi qu'une figure grotesque en terre cuite. Mais de quel coté faut-il maintenant diriger l'excavation? Comment était placé le mascaron? On doute, on se dispute; l'époque des pluies, torrentielles cette année-là, arrive, et les travaux sont abandonnés. Les détails de cette excavation ont été fournis par un Indien de la vallée même de Piscobamba, Gavino Camacho, qui vivait encore en 1877, et qui travailla comme ouvrier aux fouilles de 1819. En 1834, 1854, 1869*, 1877, 1880, ont été formées d'autres compagnies d'excavations, elles n'ont rien obtenu de nouveau. Le principal entrepreneur de 1834, M. Segundo Palacio, qui avait assisté aux fouilles de 1819, était tellement résolu de donner aux travaux un * En 1869 on essaya de changer le lit de la rivière de Piscobamba et de le conduire sur la plate-forme afin qu'à l'époque des pluies la rivière e l l e - m ê m e servit à déblayer le terrain.

Bulletin de la Société de Géographie : 4ème trimestre 1885  

Auteur : Charles Velain, Xavier Brau de Saint-Pol Lias, Pierre Vidal-Senèze / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Serv...

Bulletin de la Société de Géographie : 4ème trimestre 1885  

Auteur : Charles Velain, Xavier Brau de Saint-Pol Lias, Pierre Vidal-Senèze / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Serv...

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