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VOYAGE DANS L'ÉQUATEUR ET LE PÉROU.

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y enfouir des trésors qu'on n'a jamais retrouvés. M. Carrion et d'autres propriétaires ont fait faire des fouilles jusqu'à 20 mètres de profondeur sans découvrir autre chose qu'une idole en pierre grossièrement s c u l p t é e . 1

1. A la demande des PP. Lazaristes qui ont revu le travail de M. Senèze, M. Carrion a eu la bonté d'écrire (1878) ce qu'il savait touchant cette fameuse « Huaca de Quinará ». Se servant de ces données et de tous les autres renseignements qu'ils ont pu recueillir auprès des habitants de Loja, les PP. Lazaristes ont rédigé la notice suivante : Le trésor de Quinara. — Dans la province de Loja (République de l'Équateur), se trouve la petite vallée de Piscobamba, dépendante du village de Vilcabamba et à deux journées de marche du chef-lieu de la province, Loja. Située dans la partie occidentale de la Cordillère des Andes, elle est entourée d'assez hautes montagnes nues et arrosée par une rivière qui porte son nom, et qui, après s'être unie à divers torrents, va se jeter dans le Pacifique. A 250 mètres de la rivière, sur la rive droite et à 30 mètres au-dessus de son niveau d'eau, dans la propriété ou hacienda appelée Quinara, on voit un plan à peu près circulaire d'environ 50 mètres de long sur 30 de largo, formé de pierres roulées, unies avec de la boue, où se trouvent mêlés des fragments de poterie. Ces fondements (cimientos) de l'épaisseur d'un mètre, se trouvent a s sis au pied d'un mamelon couronné de pierres verticales. Le côté oriental de la plate-l'orme se trouve démoli par des fouilles entreprises à diverses époques. Le petit mamelon, très bien orienté, a une tranchée d'environ l , 5 0 , où fut rencontré le squelette d'un Indien et sur le squelette une pierre de forme pyramidale. Avant de raconter ce que nous a transmis la tradition sur ces travaux, il est bon de rappeler un fait d'histoire. En 1553, l'Inca Atahualpa était à Cajamarca (Pérou), prisonnier du Conquistador Francisco Pizarre. Il promit au chef espagnol une grande quantité d'or et d'argent s'il le mettait en liberté. « Je te donnerai, lui dit le monarque, autant d'or et d'argent qu'il en faudra pour couvrir le sol de cet appartement. » Voyant les Espagnols surpris d'une semblable promesse, il ajouta : « Non seulement je te donnerai ce que je viens de t'offrir, mais encore j'y joindrai la quantité nécessaire pour atteindre la hauteur qu'indique mon bras. » (La salle mesurait 22 pieds de long sur 17 de large; et la main de l'Inca indiquait 9 pieds de haut). Pizarre accepta à l'instant et on signa un contrat. L'Inca mit cependant deux conditions : la première qu'on ne fondrait les pièces d'or ou d'argent qu'après avoir rempli la promesse; la seconde qu'on lui accorderait un laps de temps suffisant pour réunir des différentes provinces de l'emm

Bulletin de la Société de Géographie : 4ème trimestre 1885  

Auteur : Charles Velain, Xavier Brau de Saint-Pol Lias, Pierre Vidal-Senèze / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Serv...

Bulletin de la Société de Géographie : 4ème trimestre 1885  

Auteur : Charles Velain, Xavier Brau de Saint-Pol Lias, Pierre Vidal-Senèze / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Serv...

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