La colonisation française en Guyane

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PRODUCTIONS AGRICOLES.

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demande peu de bras et par là convient au petit propriétaire. Il donne du coton au bout de six mois, ce qui doit le faire encore rechercher par la petite culture. Il donne deux récoltes par an, l'une en février, l'autre en septembre. Il présente en Guyane cette particularité, qu'on peut indéfiniment

le renouveler en le coupant par le pied, car il

devient arborescent. Le coton récolté dans la Guyane française est un des meilleurs du monde, ainsi que l'indiquent les prix ci-dessous, qui sont ceux de l'époque de la grande cherté du coton : coton de la Louisiane 5 fr. 65 cent, le kilogramme, d'Egypte 4 fr. 7 5 cent., de Cayenne 4 fr. 70 cent., de Pará 4 fr. 35 cent., de Porto-Rico, Pernambouc, Haïti et l'Inde de 4 fr. 35 cent, à 4 francs. Malheureusement le prix moyen du coton est à peine aujourd'hui de 2 francs le kilogramme. Et les créoles compétents de la Guyane française disent qu'aujourd'hui la culture du coton serait une des moins rémunératrices. A côté du coton on peut placer la Soie. Le ver à soie vit à l'état sauvage dans les forêts de la contrée; on connaît trois ou quatre espèces de vers à soie indigènes, et malgré les objections qu'on a faites : objection des fourmis, objection de l'humidité, les expériences de Perrottet, de Beauvis et de Michély montrent que le ver à soie d'Europe est parfaitement acclimatable. Les arbres qui nourrissent le ver sont communs dans les bois. On en connaît plusieurs valant le mûrier : café diable, oranger, acajou, le coutarea surtout. Le mûrier se naturalise aisément et prospère mieux qu'en Europe et qu'en Asie. On a vu en Guyane des cocons de douze centimètres de longueur sur six de diamètre. Les plus petits sont de 2 7 0 au kilogramme. Les cocons milanais, qui sont les plus gros de l'Europe, sont de 4oo au kilogramme. L'élève des vers à soie avait d'abord bien réussi. En 1851,