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PAR MARSEILLE.

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retiré des secours de cette nouvelle partie du monde : mais malgré les sommes immenses qu’elle nous a donné en or & en argent, il seroit peut-être témeraire de décider fi nous ne serions pas plus heureux d’avoir ignoré la richesse de ses mines, qui ont causé la perte de leurs possesseurs, je n’ose dire la nôtre ; cependant dans l’état présent des choses, & relativement à notre manière de vivre, sans le Commerce que nous faisons en Amérique, nous serions privés de bien de denrées qui nous font devenues nécessaires. Le fruit de nos découvertes & de nos établissemens dans les diverses parties du nouveau monde, fut l’augmentation de notre Commerce & l’origine dé la considération qu’il a acquise par les échanges avantageux que nous fîmes de nos denrées & des marchandises de nos fabriques & de nos manufactures, avec les productions des pays découverts. Notre navigation encouragée par un gain proportionné à la longueur des voyages, multiplia les vaisseaux & inspira le goût de la marine. Il est vrai que ce Commerce ne se faisoit que par des Compagnies autorisées par le Prince, & que tous les Négocians de l’Etat ne pouvoient point partager la même faveur, & faire valoir leur industrie : mais la Nation y trouvoit toujours son avantage par la consommation allurée de son superflu, & par l’abondance de quantité de marchandises utiles à la société, & sans lesquelles la vie seroit moins douce & moins agréable. Il étoit même nécessaire qu’un semblable Commerce ne se fît dans son commencement que par des Compagnies puissantes, en état de soutenir leur autorité, & de se faire respecter de leurs voisins. D’ailleurs les prémiers établissemens ne peuvent fie faire qu’en surmontant bien des difficultés, & souvent par des pertes considérables, que des particuliers ne seroient point en état de supporter. Régle générale, toute nouvelle branche de Commerce dans des pays éloignés, qu’il faut protéger & garantir de l’oppression de nos ennemis ou de nos envieux, ne doit être accordée qu’à des Compagnies que le Prince favorise & soutienne de son crédit. Mais une fois le Commerce affermi & augmenté, il doit être rendu libre & commun à tous les membres de la société. Cette liberté & la varieté des entreprises, l’empêcheront de languir, & augmenteront son activité fans laquelle il ne sçauroit subsister longtems. A peine le Commerce dans les Isles de l’Amérique fut entrepris, qu’il exigea des réglemens de faveur, & occasionna grand nombre de Déclarations & d’Arrêts, tant pour l’exportation des marchandises, que pour l’importation de celles des Isles, & pour la police des nouveaux établissemens. Il paroît naturel de faire ici la récapitulation de tout ce qui a été ordonné au sujet de ce Commerce, jusqu’en 1717, qu’il a été rendu libre à tous les sujets de l’Etat. Je pense autrement, & j’estime qu’il sera plus utile de rapporter le précieux monument de cette liberté, Tom. I. C

Le commerce des isles françoises de l'Amérique par Marseille et autres ports du royaume. Vol. 1  

Chambon / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection d...

Le commerce des isles françoises de l'Amérique par Marseille et autres ports du royaume. Vol. 1  

Chambon / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection d...

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