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VOYAGE

AU

BRÉSIL.

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cidément j'allais au Para, il m'en coûta cinquante francs en sus des six cents, pour m'apprendre à savoir du premier coup ce que je voulais. Quand un malheur ou une contrariété arrive, un autre malheur, une autre contrariété viennent à la suite. Lassé d'être sur le pont, peu satisfait de mes compagnons de route, je rentrai dans ma cabine, que j'occupais seul alors, avec le projet de préparer mes effets pour notre arrivée prochaine au Para. Je remontai plus vite que je n'étais descendu. Depuis Bahia, il y avait, dans la chambre la plus voisine de la mienne, une famille composée d'un grand individu à l'air insolent, de sa femme et de deux petits enfants. Ils occupaient à eux quatre une étroite cabine d'où ils sortaient rarement, et où les inconséquences de la petite famille rendaient d'une impérieuse nécessité la mesure hygiénique du renouvellement de l'air. Quand il me fallait passer devant cette porte, ouverte en face de la mienne, mes cheveux se dressaient sur ma tête. Le mal pouvait se réparer quand j'avais à quitter ma cabine pour monter sur le pont et respirer le grand air. Mais c'était impossible s'il me fallait descendre : je ne pouvais fermer ma porte sans étouffer, ni la laisser ouverte sans être asphyxié. Au retour de leur promenade à terre, les passagers qui avaient été si polis avec moi apportèrent les journaux d'Europe. Leur lecture fit naître de grands débats politiques. On cria, on se dit, selon l'usage, des grossièretés. Dans les entr'actes le chan-

Deux années au Brésil. Partie 1  

Auteur : F. Biard Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des A...

Deux années au Brésil. Partie 1  

Auteur : F. Biard Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des A...

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