Page 312

306

VOYAGE AU

BRÉSIL.

dont la partie la plus importante se bornait à bien dîner. Vers midi on jetait l'ancre devant Ciarra, qui prétend aussi au titre de Fortaleza. Entourée de cocotiers, cette ville est d'un assez joli aspect, bien que pour y entrer il faille traverser une plage de sable. On ne s'y arrête que pour remettre et prendre les dépêches. Je voyais passer des animaux qui m'intriguaient beaucoup; ils me paraissaient plus grands que des chevaux et ressemblaient à des chameaux. Je ne me trompais pas, c'étaient des chameaux transportés d'Afrique, sans doute par une société d'acclimatation indigène. Le pays me parut être excellent pour ces animaux, auxquels le sable est familier. Les jangadas, en grand nombre, sont les seules embarcations de Ciarra. Je me levai le lendemain avec un grand mal de tête, ayant, en dépit de ma porte close, été forcé d'entendre pendant toute la nuit annoncer, sur le ton le plus lamentable, les numéros d'une partie de loto commencée après dîner et terminée seulement vers deux heures du matin. Je passai la matinée, étendu sur des cordages, à regarder des matelots nègres et des soldats raccommodant leur linge, c'est-à-dire leurs pantalons, car peu d'entre eux avaient des chemises. Je n'avais pas toujours de si agréables passe-temps, et si n'eût été le soleil, que j'avais de la peine à éviter, et un peu la cloche du déjeuner, je serais resté tout le jour près de ces couturières d'un genre si différent des autres.

Deux années au Brésil. Partie 1  

Auteur : F. Biard Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des A...

Deux années au Brésil. Partie 1  

Auteur : F. Biard Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des A...

Profile for scduag
Advertisement