Page 303

VOYAGE AU

BRÉSIL.

297

en nouveautés (à en juger du moins par le nombre de gants dont il changeait chaque jour), tantôt à un jeune docteur indigène. Excepté le comendador, la société n'était pas brillante. La table était assez bonne, le temps calme, mais nous roulions beaucoup. Trois jours après nous étions à Bahia. Je n'avais à descendre à terre qu'un médiocre intérêt ; et comme la ville ne me plaisait pas plus que la première fois, je me hâtai de faire quelques emplettes et revins à bord longtemps avant le moment désigné pour le départ. Nous avions laissé plusieurs passagers à Bahia, ce qui permit à mon compagnon et à moi de changer de cabine. Car, avec la chaleur, la vie à quatre était fort désagréable, et le mulâtre avait, en outre, la propriété de ronfler d'une façon un peu bruyante. Nous recrutâmes en ce port pour nouveaux compagnons de voyage trois Yankies mineurs, allant à Maranhao, deux gros Allemands, des Portugais nommés illos des îles, individus de basse classe, allant chercher fortune dans les villes : espèce d'Auvergnats. En échange, nous laissâmes à Bahia un vieil amateur de violon. Ce digne homme nous avait régalés, sans en être prié, de tout son répertoire, joué, il est vrai, fort médiocrement. Il avait pourtant un faux air de Paganini. Peut-être ses solécismes en harmonie provenaient-ils de son instrument? Nous avions également déposé à Bahia un gros et court Hollandais, mari d'une cantatrice. Il venait de traverser les Cordillères. En l'entendant raconter ses

Deux années au Brésil. Partie 1  

Auteur : F. Biard Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des A...

Deux années au Brésil. Partie 1  

Auteur : F. Biard Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des A...

Profile for scduag
Advertisement