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VOYAGE AU

BRÉSIL.

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pour végétation que des arbres rachitiques ressemblant à des genévriers, quelques enfants tout nus me suivaient à distance. J'avais soif sous ce soleil ardent. M'étant approché d'une petite citerne, j'allais solliciter de la générosité de deux vieilles négresses un peu d'eau, qu'elles tiraient à grand'peine dans leurs cruches; mais la couleur rougeâtre du liquide me fit oublier ma soif. Sur la plage, où un détritus de coquillages tient lieu de sable, un petit obélisque est élevé à la mémoire d'une femme par son mari, capitaine d'un navire naufragé dont on voit les débris épars. Ici il faisait chaud tout de bon, et mes vêtements d'été, endossés enfin, me paraissaient bien lourds. Là aussi, à mon grand étonnement, je vis paraître sur le pont cette Italienne dont on avait parlé à Southampton. Le mal de mer l'avait jusque-là r e tenue dans sa chambre, et comme maintenant le temps était calme, elle en profitait pour montrer tous ses avantages. Elle fit son apparition en robe de velours vert bordé d'hermine. Cette fille était vraiment fort belle, malgré son costume hors de saison. J'appris que sa mère allait tous les ans au Brésil recueillir une succession, toujours en compagnie d'une de ses filles. Celle-ci était la quatrième. Une foule d'adorateurs se pressa autour d'elle. Ce fut le commissaire de bord qui l'emporta sur ses rivaux ; pauvre commissaire ! De Saint-Vincent à Fernambouc, le trajet est long. Il fallait, cette fois, traverser tout de bon l'Atlanti-

Deux années au Brésil. Partie 1  

Auteur : F. Biard Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des A...

Deux années au Brésil. Partie 1  

Auteur : F. Biard Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des A...

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