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VOYAGE AU

BRÉSIL.

perruches s'abattant sur certains arbres à ma portée. Quittant le crayon pour le fusil, je me glissai inaperçu auprès des objets de ma convoitise Déjà je visais la bande, mais une salve de clameurs encore plus formidable que la première fît partir les perruches ! C'étaient encore ces abominables dindons.... Je fus tellement contrarié que, sans égard pour le droit de propriété, je tirai sur eux; heureusement mon coup ne partit pas. J'avais, comme je l'ai dit, si peu de goût pour la chasse, que je ne pris pas la peine de recharger ; mais, si je ne pouvais me servir de mon arme, devenue inutile, je poursuivis à coups de pierres, et dispersai ainsi ce troupeau qui m'avait tant agacé par sa persistance à me poursuivre de ses chants, m'avait fait abandonner mes crayons et manquer mes perruches. J'étais alors dans un lieu découvert, et, à part quelques arbres, on ne voyait que des broussailles se prolongeant jusqu'à la lisière d'une forêt où je n'étais pas encore allé. J'avais ajouté à mes collections un herbier composé seulement de feuilles qui, par leurs formes, me paraissaient mériter l'honneur d'être rapportées en Europe ; et puisque je n'avais rien de mieux à faire, je me dirigeai de ce côté. Depuis mon séjour forcé à Santa-Cruz, j'avais pris l'habitude de me promener les mains croisées derrière le dos et tenant mon fusil comme un bâton. J'allais ainsi marchant ou plutôt flânant sans but à travers bois depuis quelques minutes, la tête basse,

Deux années au Brésil. Partie 1  

Auteur : F. Biard Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des A...

Deux années au Brésil. Partie 1  

Auteur : F. Biard Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des A...

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