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VOYAGE

AU

BRÉSIL.

ché sur les porte-haubans à regarder les lames se succéder, à épier un poisson volant poursuivi par une dorade, ou bien une bande de marsouins, jouant et remontant le courant quand le temps était à l'orage. Le bruant était un événement. J'y pensais, quand je le vis descendre avec précaution et se diriger vers une baye remplie d'eau ; il avait bien soif, après un exercice que sa vie en cage avait dû rendre doublement fatigant. Pauvre petit oiseau, cette eau que tu espères boire a été puisée à la mer. Tu regardes tristement autour de toi. Que peuvent tes ailes maintenant? elles te soutiennent à peine, tu vas mourir.... Cependant le lendemain, lorsque, selon ma coutume, je montai sur le pont au point du jour, j'eus le plaisir de voir le fugitif saisir les premières gouttes d'une pluie qui bientôt se changea en averse. 19. Nous étions en vue du cap Vert. Quelques heures après nous jetâmes l'ancre à Saint-Vincent. L'aspect désolé, sans végétation, me frappa d'autant plus vivement que nous venions de Madère. Pendant que des nègres embarquaient du charbon, nous descendîmes à terre. La petite population qui habite l'île est composée en partie de gens de couleur. Quelques soldats au service du Portugal font la police et sont eux-mêmes presque tous de sang africain. Je fus accueilli, en mettant pied à terre, par des œillades engageantes. Quelques négresses assez belles attendent ainsi au passage les nombreux voyageurs qui chaque mois se rendent au Brésil. En parcourant l'île, dans laquelle je n'ai trouvé

Deux années au Brésil. Partie 1  

Auteur : F. Biard Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des A...

Deux années au Brésil. Partie 1  

Auteur : F. Biard Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des A...

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