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VOYAGE

AU

BRÉSIL.

des raisons pour les redouter. Plusieurs Indiens étaient morts sous mes yeux de morsures faites par des reptiles très-petits. J'avais tué deux sangliers; j'avais entendu souvent des hurlements inconnus assez près de moi. Je n'en avais pas moins continué sans broncher l'ouvrage qui m'occupait alors. Enfin, j'étais retrempé, comme me l'avait prédit mon général belge, celui qui m'avait fait songer au Brésil. Je retrouvai au retour les forêts de palmistes, les cocotiers penchés sur la rivière ; je me courbai de nouveau sous les arbres chargés de parasites en fleurs. Je revis les crabes effrayés se sauvant sur leurs longues pattes ; les hérons blancs s'envolant avec des cris perçants; les temples fantastiques, les formes étranges de cette végétation primitive, s'effaçant peu à peu. Les mangliers reparurent avec le flot de la mer. Ceux qui n'ont pas vu ces forêts de mangliers, ne peuvent se faire une idée de ces milliers de racines formant des arceaux sans nombre, et s'avançant à une trèsgrande distance dans l'eau salée, de telle sorte que regardant à leur base, on voit, aussi loin que la vue peut s'étendre, de l'eau, toujours de l'eau, et pas de rivage. On dirait une inondation. Le voyage se fit sans accident, et j'arrivai à Santa-Cruz, ayant, cette fois à ma disposition, la clef d'une maisonnette et le fameux Manoël pour me servir. Malheureusement, pour me rendre à Victoria, il me fallut attendre le vent favorable.

Deux années au Brésil. Partie 1  

Auteur : F. Biard Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des A...

Deux années au Brésil. Partie 1  

Auteur : F. Biard Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des A...

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