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VOYAGE

AU

BRÉSIL.

des boulettes de terre durcie. Il n'y a pas de fusil qui ait une plus grande portée. Je pris des leçons, mais je dois avouer que je ne fus pas récompensé de ma patience par la réussite. Ce que je fis de plus fort fut de mettre, à la distance de dix pas, une pierre dans un but de vingt pieds de surface. Cependant je devais songer au retour; je n'avais presque plus de vêtements; mais avant de partir, je m'étais donné pour tâche de peindre un panorama, afin d'avoir une idée plus complète de l'ensemble d'une forêt vierge. J'avais autrefois passé un mois sur une terrasse d'Alexandrie d'Égypte, pour copier tout ce qui était à portée de ma vue, occupant le centre d'un grand cercle. D'un côté étaient la mer, la pointe du Sérail, et les nombreux bâtiments de la rade ; de l'autre, le fort Napoléon, la colonne dite de Pompée, les aiguilles de Cléopatre, les restes de la Bibliothèque, et dans le lointain le désert de Barea, et la pointe du Phare. L'humidité de la mer endommagea ce premier panorama. Bien longtemps après, quand le navire la Lilloise, capitaine Blosseville, se fut perdu dans les glaces, le gouvernement envoya dans les mers polaires la corvette la Recherche; je me joignis volontairement à cette expédition. Nous parvînmes au 80° degré latitude N., au Spitzberg. Je passai quinze jours dans la neige ; je faillis perdre les doigts, mais du moins je fis le panorama de la baie de Madelaine, au nordouest de l'île. Quelques années plus tard un travail me fut commandé pour orner une des salles du

Deux années au Brésil. Partie 1  

Auteur : F. Biard Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des A...

Deux années au Brésil. Partie 1  

Auteur : F. Biard Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des A...

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