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VOYAGE AU B R É S I L .

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disposé à tout admirer. Selon une expression de Marie Stuart : « J'aurais voulu embrasser toute la nature! » A peine eus-je fait quelques pas, j'entendis une musique militaire, puis tout un peuple courant; je courus aussi à mon tour, et je Vis, au milieu d'une foule empressée, le prince, mou compagnon de route, accompagné d'un état-major nombreux, d'une compagnie des gardes, etc. Il avait conservé cette bonne grâce, cette simplicité qui avait fourvoyé les passagers du Tyne. Le cortége passé, mon enthousiasme pour Lisbonne tomba comme par enchantement en traversant des rues d'un aspect fort triste. La plupart sont des rampes très-rapides dans lesquelles des buffles à longues cornes traînent péniblement des charrettes à roues pleines et massives produisant des sons criards qui s'entendent de fort loin. Je montai tout en haut de la ville; là je pus me faire une assez juste idée de Lisbonne : partout des masures tombent en vétusté dans le voisinage des palais. Le tremblement de terre de 1745 a laissé debout quelques vieilles murailles toutes prêtes à tomber; pourtant des familles entières habitent presque dessous. Comme je ne savais pas le portugais, je n'ai pu demander si de très-lourds véhicules, traînés par des mules et conduits par des postillons à longues bottes, étaient des fiacres ou des voitures bourgeoises; dans tous les cas, elles ne donnent pas envie d'y monter. Mon plaisir en allant à terre pour admirer la seule capitale de l'Eu-

Deux années au Brésil. Partie 1  

Auteur : F. Biard Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des A...

Deux années au Brésil. Partie 1  

Auteur : F. Biard Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des A...

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