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VOYAGE

AU

BRÉSIL.

ment un grand malheur. Pour ne plus revenir sur ce sujet, j'ajoute à cette série d'excellents conseils un autre qu'il me donna plus tard en me voyant monter à cheval, c'était de lâcher la bride à ma monture quand elle voudrait boire, afin qu'elle pût se baisser. Une fois mes diverses branches d'industrie classées, il s'agissait de travailler; mais tout n'était pas terminé. J'avais voulu faire l'économie de la tente nécessaire à la photographie ; il ne me fallut pas longtemps pour me convaincre que c'était impossible. Le premier jour je cassai mon verre dépoli, et comme les pluies étaient venues, l'humidité fit décoller tous mes instruments. Je passai quinze jours à réparer ces malheurs et à me faire une tente, au moyen de quelques étoffes que je trouvai dans mes malles et de jupons achetés à la vieille cuisinière. La tente terminée et cousue avec soin, je l'adaptai à mon parasol de paysagiste, j'attachai à chaque baleine une ficelle, puis à l'aide de pieux que je fichai en terre, je fis en sorte que mon appareil ne fût pas trop agité par le vent, qui, au Brésil, souffle régulièrement tous les jours vers huit heures du matin. Ainsi, avant huit heures trop d'humidité, après huit heures trop de vent : le moyen de rien faire de bon, surtout quand on n'a que des feuilles à reproduire? Tout bien considéré, il fallut abandonner la photographie et revenir à la peinture, d'autant plus que les pluies, qui alors tombaient à torrents, ne permettaient pas de

Deux années au Brésil. Partie 1  

Auteur : F. Biard Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des A...

Deux années au Brésil. Partie 1  

Auteur : F. Biard Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des A...

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