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VOYAGE

AU

BRÉSIL.

les envoyait. Mon Italien paraissait ne pas jouir parmi eux d'une bien grande considération. Les canots partirent enfin; le vent fut excellent pour aller, mais, comme il ne changea pas pour revenir, ce fut autre chose au retour. Trois semaines se passèrent. Chaque jour je consultais le vent: toujours le même. Enfin, arriva celui dont nous avions besoin. Les canots revinrent, mais dans quel état! Nos effets détériorés,nos malles pleines d'eau. On ne se donna pas le temps d'attendre, et le jour de l'arrivée fut celui du départ, et cette fois c'était pour longtemps. Trois canots furent chargés des divers effets. J'en avais apporté de Victoria, sur lesquels il fallut se placer d'une façon assez incommode. Ce que voyant, mon hôte, et toujours dans mon seul intérêt, alla se mettre dans un autre canot, me laissant dans le mien, qui était le plus encombré. Nous remontions à force de rames la rivière de Sangouassou, encore sous l'influence de la mer, ce qui était facile à voir, car des forêts de mangliers s'étendaient avec leurs racines entrelacées bien avant dans l'eau. Une demi-heure après le départ, des grains, répétés de quart d'heure en quart d'heure, vinrent fondre sur nous; mon parapluie fut cassé, mes malles inondées, et le canot rempli de telle sorte que si un des Indiens ne se fût empressé de le vider, nous eussions coulé bas inévitablement. N'ayant sous la main ni écope ni vase pour ce cas urgent, il eut l'heureuse idée de se servir d'un

Deux années au Brésil. Partie 1  

Auteur : F. Biard Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des A...

Deux années au Brésil. Partie 1  

Auteur : F. Biard Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des A...

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