Page 134

130

VOYAGE AU

BRÉSIL.

mouillés, l'inconvénient de remonter à cheval fut peu de chose, nous avions la chance de prendre d'autres bains forcés. J'avais déjà remarqué de magnifiques insectes, quelques-uns voltigeant, d'autres posés sur les feuilles. Je fis venir mon nègre près de moi, et alors la monotonie du terrain s'effaça, car je commençai une chasse qui devint très-fructueuse, nonseulement par les individus que j'indiquais, mais par ceux que le nègre découvrait lui-même avec cet instinct de bête fauve, cette justesse de coup d'œil qu'ont ordinairement les gens de couleur. Tout en collationnant, nous avancions malgré les flaques d'eau ; il nous fallut entrer plusieurs fois dans de très-petits sentiers ombragés, et en ressortir pour marcher un certain temps au bord de la mer. Là, nouvelle chasse, nouveau rudiment de collection; après les insectes, venaient les coquillages. Si je n'apaisais pas ma soif, du moins ces distractions me la faisaient oublier autant que possible. Enfin, nous aperçûmes de la fumée entre les arbres, il était temps d'arriver ; ce n'était pas le tout, il fallait descendre de cheval ; j'étais brisé de cette première course ; de plus, celui-ci que m'avait si obligeamment substitué mon hôte se trouvait, par hasard, très-vicieux, ce dont sans doute il ne s'était pas aperçu; cela m'avait tenu sur mes gardes et avait ajouté à la fatigue causée par le soleil et une marche forcée; quand je voulus mettre pied à terre, j'y trouvai une grande difficulté. Les

Deux années au Brésil. Partie 1  

Auteur : F. Biard Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des A...

Deux années au Brésil. Partie 1  

Auteur : F. Biard Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des A...

Profile for scduag
Advertisement