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VOYAGE

AU

BRÉSIL.

qu'il devait en rester un peu quelque part. J'en voulais à tout prix; des nègres j'en avais vu en Afrique. 11 y a des nègres à Paris. Je n'y tenais pas. Enfin, un jour, j'appris qu'un Italien, qui habitait depuis une huitaine d'années dans l'intérieur du Brésil, avait acheté des terrains dans les forêts vierges de la province d'Espirito-Santo et faisait le commerce de bois de palissandre. Celui-là devait savoir à quoi s'en tenir sur la question des Indiens. J'exprimai le désir de le connaître et on me promit de me présenter à lui dès qu'il viendrait à Rio. Effectivement, on l'amena dans mon atelier, précisément un jour que je faisais le portrait en pied d'une charmante et spirituelle Brésilienne, la fille du ministre des affaires étrangères. La circonstance était bonne pour mon hôte futur, qui naturellement avait besoin de protection.. Je fis de mon mieux pour lui payer d'avance l'hospitalité qu'il était heureux, disait-il, de m'offrir. J'intercédai en sa faveur plus que je ne l'aurais fait pour moimême, et s'il n'obtint pas tout à fait l'avantage qu'il pouvait tirer de la bonne volonté qu'on voulait bien me témoigner, ce fut un peu de sa faute. Il n'épargna aucune des formules de la reconnaissance la mieux sentie pour me remercier. Je n'avais qu'à me fier à lui pour écarter de ma route tous les embarras du voyage; tout ce qui était à lui serait à moi et il s'empresserait de mettre son logis et tout son monde à ma disposition. Ce qu'il appelait tout son monde était des Indiens. J'étais

Deux années au Brésil. Partie 1  

Auteur : F. Biard Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des A...

Deux années au Brésil. Partie 1  

Auteur : F. Biard Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des A...

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