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cées reviennent sur leurs lieux d'origine, car ce som les seules personnes qui sauront comment en prendre soin. On nous a dit: " Cette terre n'appartient à personne. ,) L'Indien dit à l'homme blanc: « Je ne possède pas cette terre, je vis dessus, elle appartient au Créateur, ce n'est pas la mienne ,). Ils ont créé les Conseils tribaux navajo et ho pi pour faire ces choses-là selon les soidisant "voies légales". Avant ces Conseils, cette terre n'avait pas de propriétaire.

N.- Est-ce que /es danses du soleil constituent une forme de soutien à la lutte des résidents de Big Mountain ?

J. "Fierté navaja", par Fernando Eros Caro, prisonnier yaqui dans les couloirs de la mort à San Quentin, Californie (voir Nitassinan n° 39)

N.- Quelle est votre attitude à l'égard des personnes déplacées?

J.

B. - Nous aimerions que les personnes déplacées reviennent. Ils les ont arrachées à leur pays et leur ont pris leur terre, mais personne ne l'utilise maintenant, ni même ne l'occupe. De nombreux jeunes n'ont jamais été informés de ce processus avant que tout ne soit mis en place et maintenant beaucoup d'entre eux veulent revenir à leur mode de vie originel. Les jcunes ont été arrachés à leur pays et n'ont pas été cousultés. Jamais aucune étude d'impact n'a été faite sur ces déplacements forcés. Le gouvernement a utilisé plusieurs tactiques pour faire partir les gens. Nous souhaitons que les personnes dépla-

B. - Oui, les danses du soleil nous aident de plusieurs façons. Elles ont un caractère éducatif: Nous faisons des danses du soleilicî car les Lakota soutiennent notre lutte avec leurs cérémonies (2). La danse du soleil exprime l'unité spirituelle de toutes les personnes qui vivent sur la Terre, de toutes les couleurs et des quatre directions: Jaune, Noir, Blanc et Rouge. Nous recherchons l'unité spirituelle: un esprit, un cœur. La danse du soleil nous aide à vivre ici, elle nous aide à nous rappeler nos ancêtres. Il y a eu des guerres ici pendant cinq-cent ans. Nous pensons à Geronimo, à Crazy HOfse, à Manuelito et à tous les anciens chefs qui ont essayé de protéger cette terre. Cette conviction qui remonte aussi loin que les sept générations qui nous précèdent, s'exprime toujours dans les cérémonies actuelles. Celles-ci nous aident à nous souvenir de notre peuple, de notre culture, de notre langue, de notre mode de vie. Elles nous aident à

rassembler des gens de toutes les couleurs.

N. - Quels sont vos souhaits?

J. B. - Je veux vivre libre ici. Je ne veux pas de l'autorité du gouvernement. Je veux les droits aborigènes et la liberté. Je veux vivre selon le mode indien. J'ai pris ma décision. Je vais rester à Big Mountain, car je ne veux pas être un "sans domicile fixe" autour d'une ville.

N. - Quel type de soutien attendez-vous

des Français ? J. B. - Nous vous demandons d'écrire au Congrès et au Président des États-Unis et de leur dire de rendre aux Indiens américains leurs droits originaux, et tout de suite! Nous avons besoin d'un fort soutien, car tout est en train d'être détrui t, pas seulement ici, mais dans le monde entier. Nous avons besoin de votre soutien pour rester dans notre pays, pour préserver notre culture, notre mode de vie, notre langue, notre religion. Nous voulons la liberté!

Entretien et traduction: fàbrice Mignot Contact: Black Mesa area residents P.O Box 733 - Hotevilla - AZ 86030 1. Voir Nitassinflll n° 42 2. La danse du soleil n'est pas une cérémonie navajo ; les rires et les croyances des Dineh se rapprochent plutôr de ceux des Hopi et des Zufii. Ainsi, les Dineh ont plusieurs divinités et la mort est un tabou important, car elle mène à un monde ohscur, nlais le rêve, par exenlple est, comIne chez les Lakora, une expérience fondamentale.

Appel urgent "DÉCLARATION D'INDÉPENDANCE" Le 28 octobre 1979, une commission de soixante quatre Anciens de la nation dineh, présidée par Roberta Blackgoat, a signé une "déclaration d'indépendance" à Big Mountain. En voici un extrait:

"Le gouvernement des États-Unis et le Conseil tribal rlal1ajoldineh ont violé [nis sacrées du peuple dineh e/l créant, e/l notre sein, des divisions basées sur des tels qüe la politique, l'éducation euroaméricaine, la modernisation et le christianisme. Nos ont été détruits. En exploitant le charbon, le pétrole, le

gaz naturel et l'hélium, on viole fa Terre, Notre Mère.(. .. ) Nous parlomati nom des êtres ailés, des êtres il quatre pattes, des générations pas~ sées et futures. Nous ne cherchons pas il changer de moyens de subsistance car seu~ le cette existence naturelle, qtii est .notre loi sacrée, ·1l0US permet de survivre. "

Signée pttr Roberta Blackgoat, .Présidente, et soixa1ste-quatre membres du Conseil des Anciens. (Albill Michel, collection "Terre Indienne ") In Le Livre des Anciens, de

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Le gouvernement U.S. a lancé un ultimatum aux personnes résidant sur les terres hopi, les enjoignant de signer avant le 31 décembre 1996 un accord de compromis, Tous les Dineh de Big Mountain qui ne se soumettraient pas à cette injonction seraient considérés comme "intrus" et menacés d'expulsion. La répression a commencé le 23 mai dernier quand une rencontre annuelle, à Big Mountain, a été perturbée par des agents de la police tribale hopi et des forces spéciales en tenue de combat. Les autorités tribales ho pi ont même menacé d'empêcher la tenues des danses du soleil prévues cet été. Les résistants de Big Mountain ont demandé aux autres nations amérindiennes de venir sur leur territoire afin de garantir la tenue de ces cérémonies. Ils lancent égaiement un appel à la solidarité internationale.

Résistance navajo  

Auteur : Comité de soutien aux indiens des Amériques. Ce document est protégé par le droit d'auteur. Il ne peut en aucun cas être utilisé da...

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