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Les mesures prises à Washington à cette époque ont un aspect positif par le fait que les Indiens ne sont plus incités ~ partir vers les villes et à s'assimiler aux Blancs mais au contraire encouragés à rester sur les réserves. Le gouvernement favorise l'implantation d'industries sur place afin de donner des emplois à la population locale. La loi autorise des emprunts pour financer des entreprises agricoles et consent des subventions pour l'éducation. Cependant l'I.R.A reflète trop l'esprit paternaliste du New Deal rooseveltien: les constitutions des réserves sont trop calquées sur le modèle américain et les conseils restent dépendants du ministère de l'Intèrieur. Deux réserves Sioux ont décidé de ne pas suivre cette loi: Crow Creek et Sisseton.

UN SYSTEME ELECTORAL TROP COMPLEXE La complexité du système électoral a détourné certains Indiens de la politique. Quand en 1924, ils obtiennent la citoyenneté américaine, ils sont appelés à voter au niveau du gouvernement fédéral, mais aussi de leur Etat et de leur conseil tribal. De nombreux Sioux refusent de participer aux élections dont ils se méfient. On a constaté que depuis 1934, aucun Sioux "pur-sang" lfull-blood) n'a été président sur la réserve de Cheyenne River. L'enjeu politique est en fait entre les mains des Indiens Sioux métis. Les gouvernements traditionnalistes ont perdu leur pouvoir au profit de conseils tribaux souvent manipulés.

L'EXODE DES INDIENS VERS LES VI LLES Malgré les efforts du gouvernement de Roosevelt pour offrir des emplois sur les réserves, en 1940 les Indiens de la nation Dakota sont toujours confrontés au problème du chômage. Les fermiers cultivent de maigres parcelles de terre. Alors que la taille moyenne d'une ferme indienne est de 571 acres, elle est de 939 acres pour le fermier blanc (Réserve de Rosebud). Une étude réalisée sur cette même réserve en 1942 montre que les Lakotas se trouvaient à cette époque dans une situation précaire. Sur une population active de 2 000 personnes, 33% d'entre elles étaient au chômage, 33% occupaient un poste dû programme d'aide gouvernementale, 15% étaient employées à temps partiel dans l'agence du B.l.A et 19% travaillaient dans des fermes. Ces chiffres révèlent que dans une période relativement prospère pour la nation américaine, les 2/3 de la population active indienne soit ne travaillaient pas, soit étaient employés pour le compte du gouvernement! Pendant la Seconde Guerre mondiale, ce fut un véritable exode pour les Indiens. Nombreux sont ceux qui durent rejoindre les forces armées. C'est à partir de cette époque que les Lakotas ont vraiment commencé à avoir des contacts à l'extèrieur de leurs tribus. Les femmes ont trouvé du travail dans les champs de betteraves et de pommes de terre et les jeunes, dans la construction d'équipement militaire et dans les industries des villes. A la fin de la guerre, beaucoup d'entre eux se sont retrouvés sans activité et le retour sur les réserves fut difficile. Certains s'installèrent dans des grandes agglomérations où il leur fallut affrontés le problème du chômage et l'hostilité des Blancs.

1950-1960: UNE POLlTlnUE D'URBANISATION En 1951, un programme de relogement des Indiens est institué par le Bureau des Affaires Indiennes. Les Lakotas qui furent "encouragés" à quitter leur réserve dés 1952 furent relog~s en grande majorité à Chicago, Los Angeles, Oakland, San Francisco et San José. On a estimé que 60% des Indiens à qui on avait trouvé un logement regagnèrent leur village moins d'un an après leur départ. Sur les 753 personnes de Rosebud qui furent relogées, 316 se sont définitivement établies en ville. l '.:l'.:l

Lakota  

Auteur : Comité de soutien aux indiens des Amériques. Ce document est protégé par le droit d'auteur. Il ne peut en aucun cas être utilisé da...

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