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LES VILLAGES BONIS.

grande

M

la mieux bâtie, la mieux comprise des cases indigènes du Maroni

des Noirs réfugiés. Elle a un étage, et est entièrement construite en bois avec des galeries sur les deux côtés. Aux environs de Pomofou, au pied de la Montagne de Cottica, la salsepareille serait, d'après ce qu'on me dit, très abondante. Les anciens Bonis avaient, paraît-il, commencé à l'exploiter. On trouve beaucoup d'anciens villages dans ces contrées, ce qui signifie pas

que la population diminue, mais simplement

ne

qu'elle se

déplace. Les Bonis, comme les Indiens, et pour les mêmes raisons que ceux-ci, se croient obligés de changer d'installation au bout de cinq ans au moins et de dix ans au plus. Le premier ancien village que l'on rencontre est celui de Fau Ouata (quatre fois de l'eau), l'ancien village du grandman Gongo, petit-fils de Boni. Tout de suite en amont de Eau Ouata, on arrive vers les deux villages de Assissi et de la Paix, villages ayant pour capitaine Adam, mon canotier. Assassi (la sangle) est actuellement le plus important et le plus beau village des Bonis, le véritable « grand village » . 11 a façade sur les deux côtés de l'îlet où il a été construit, et ses trente cases propres, bien entretenues, espacées, au milieu des arbres fruitiers, sont du plus bel effet. On remarque aussi à Assissi un pacolo

roucouyenne. Cette maison a été

construite, pour un des Bonis influents du pays, par un Roucouyenne du Parou. Ce notable, appelé Couami, homme vêtu, et, qui plus est, oncle d'Apatou, se trouve détenteur, lors de mon passage, de certain cognac allemand de provenance de Surinam qui fait honneur au goût de l'acheteur ou à la probité du vendeur, et qui ne me parait pas mauvais du tout sous ces latitudes. Le petit village de la Paix, autrefois plus important, ne compte plus aujourd'hui que cinq maisons. Il est également situé dans un îlet. Voici Guingué Tabiki (l'îlet des cloches), je m'explique difficilement d'où vient ce nom. C'est ici que le grand-man Adam avait son village quand il eut l'idée de fonder Cottica. A Adam succéda Atiaba, qui a eu pour successeur Anato. Matériaux pour servir à l'histoire de France : Adam avait eu pour prédécesseur Congo, fils d'Agossou, fils de Boni. Les Bonis ont donc eu jusqu'à ce jour six grands-mans. Boni a régné de 1772 à 1 7 9 2 . Voici les dates probables pour les cinq autres : Agossou, de 1792 à 1 8 1 0 ; Gongo, de 1 8 1 0 à 1 8 1 0 ; Adam, de 1 8 4 0 à 1 8 7 0 ; Atiaba, de 1 8 7 0 à 1 8 7 6 ; et Anato, régnant

depuis 1 8 7 6 .

Voici encore — abondance de bien ne nuit pas — la liste des grands-

Chez nos Indiens, quatre années dans la Guyane française (1887-1891). Partie 1  

Auteur : H. Coudreau Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université de...

Chez nos Indiens, quatre années dans la Guyane française (1887-1891). Partie 1  

Auteur : H. Coudreau Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université de...

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