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H I S T O I R E DE L ' O Y A P O C K .

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déserteurs des Portugais. On attendait 15 à 16 nouvelles familles, et les Indiens déjà recrutés devaient aller en chercher d'autres dans les rivières Marybanaré et Macari. Si les Indiens des Missions des Galibis, absolument abandonnés à euxmêmes après l'événement de 1 7 6 2 , ne tardèrent pas à se disperser en totalité dans leurs forêts, il n'en fut pas tout à fait de même à l'Oyapock, où la tradition des Réductions fut continuée, au commencement par des laïques, puis par des capitaines indiens relevant du commandant du poste ultérieurement rétabli, d'abord sur la rive droite où les Portugais l'attaquèrent pendant la Révolution, ensuite à l'îlot Casfesoca. Le village de Saint-Paul e

subsista jusqu'à la fin du xvIII siècle. Aussi le Bas Oyapock compte-t-il aujourd'hui une assez importante population indienne totalement créolisée, pure ou mélisse, tandis que la côte galibie ne compte qu'infiniment peu d'Indiens créoles et de métis. L'homme qui, en réalité, fut le continuateur de l'œuvre des Missions de l'Oyapock fut un Indien Piriou, le capitaine Alexis, petit-fils du fameux chef Apiriou. Alexis naquit à peu près à l'époque de la prise par Potter du fort d'Oyapock, vers 1 7 4 5 , et mourut plus que centenaire, après 1 8 4 5 . Alexis fut élevé à la Mission de Saint-Paul par le père Dayma. A la dispersion des Missionnaires il maintint le village de Saint-Paul. Bientôt Louis XVI le nomma capitaine des Indiens des anciennes Missions du district de l'Oyapock. Ce fut lui qui accompagna Leblond, en qualité de patron, dans les voyages que fit cet explorateur à l'Oyapock et au Camopi. En 1 8 1 9 , nous le retrouvons lié d'amitié avec une dame veuve Popineau qui put, grâce à lui, acquérir tant d'influence sur les Indiens, qu'on ne l'appelait que la Reine de l'Oyapock. Lui en était le Roi. Le village d'Alexis se trouvait alors à l'embouchure de l'Armontabo. Ses abatis s'étendaient sur les deux rives de l'Oyapock, de l'embouchure de la crique Armontabo à l'embouchure de la crique Crécou (appelée à tort Quéricourt, ou Kéricourt). Il y avait plusieurs villages dans cette région. En 1 8 5 0 il avait transporté le sien à l'embouchure de Crécou. En 1 8 4 2 , Alexis avait son « grand village » en amont de Saint-Paul, à l'embouchure de la rivière Anotaye, sur une colline de près de cent mètres de hauteur qui domine la rivière d'Anotaye. Les abatis et les cases des peïtos s'étendaient sur les deux rives de l'Oyapock, en aval et en amont du confluent de l'Anotaye, et principalement dans cette rivière, où Alexis avait établi un nombre considérable d'Indiens. L'Anotaye était alors la

Chez nos Indiens, quatre années dans la Guyane française (1887-1891). Partie 1  

Auteur : H. Coudreau Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université de...

Chez nos Indiens, quatre années dans la Guyane française (1887-1891). Partie 1  

Auteur : H. Coudreau Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université de...

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