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( 31 ) fait trembler l’univers entier. Simple délégué du corps social, il n’avoit le pouvoir en main que pour exécuter ses volontés, et il ne l’avoit qu’autant qu’il repoussoit ou procuroit tout ce qui pouvoit être nuisible ou utile. Ce n’étoit point hors de sa patrie qu’il alloit chercher une compagne ; ce n’étoit point avec une étrangère inconnue qu’il formoit les tendres nœuds de l’hymenée. Son épouse étoit une de ces beautés qui embellissoient par leurs vertus autant que par leurs grâces , la société dont il tenoit les rênes. Avoit - il des enfans ? ils étoient élevés, non en princes , mais en hommes. Nulle femme lette autour d'eux, nul de ces flatteurs à gages, qui ne font de leurs élèves que de sots altiers. Leur éducation étoit publique. Confondus avec les jeunes citoyens, ils ne portoient sur eux aucune marque distinctive. Jamais on ne leur parloit d’eux , mais toujours des autres. Jamais gardes ne les accompagnoient. Jamais personne ne s’inclinoit devant eux. Le chaume, les hôpitaux, voilà les lieux qu’ils visitoient souvent. A cette même époque , on ne savoit guère

Le Songe, suivi du Discours d'un nègre conduit au supplice  

Camus-Daras, Nicolas-René / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Anti...

Le Songe, suivi du Discours d'un nègre conduit au supplice  

Camus-Daras, Nicolas-René / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Anti...

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