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( 27 ) passage jusqu'à eux. Le vieillard oublioit en ce moment le fardeau de ses années ; il couroit, et les voyoit-il, il s’écrioit : je mourrai content. Le père élevoit son enfant sur ses épaules il les lui montroit du doigt il lui faisoit bégayer : vive not’bon chef et son bon fils ! D’aimables villageoises , au front modeste et couronné de fleurs, alloient en ayant avec leurs amoureux. De temps en temps il se formoit des danses rustiques ; et on eût dit qu’alors les arbres , les collines , la plaine , tout sautoit de plaisir. Une vieille femme étoit montée sur un tertre ; poussée par la foule , elle tombe et roule jusqu’au pied de la hauteur. Tout-àcoup le jeune prince se précipite en bas de son cheval, perce l’enceinte et court la relever.—Bonne maman , vous êtes blessée sans doute ? Ah ! mes amis, pourquoi vous presser tant ? Nous ne sommes que des hommes. Puis la remettant entre les bras de quelques villageois : ayez-en soin, je vous prie , ayez-en soin ; tenez, voilà pour elle et pour vous. En même-tems il leur donne sa bourse et se sauve. Un d’eux court à lui. —— Reprenez , reprenez st’ argent-là , j’n’en

Le Songe, suivi du Discours d'un nègre conduit au supplice  

Camus-Daras, Nicolas-René / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Anti...

Le Songe, suivi du Discours d'un nègre conduit au supplice  

Camus-Daras, Nicolas-René / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Anti...

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