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( 15 ) de vertueux ministres ; tous les deux, quoique d’un caractère différent, tendirent au même but. Que j’aime à me les représenter , l’un parcourant ses provinces , armé , non d’un glaive mais d’un sceptre pacifique, et recevant par - tout les bénédictions d’un peuple qui jonchoit de fleurs les lieux par où il devoit passer ; l’autre, n’étant jamais plus content que lorsque éloigné d’une cour importune , il alloit seul de cabane en cabane, visiter la triste indigence , et qu’assis avec elle à une table rustique , il pouvoit entendre ce langage si naïf et en mêmetemps si auguste, celui de la vérité ! Grand Dieu ! faut-il que des Rois comme ceux-là soient mortels. Le premier plein d’années et de vertus , fut enlevé à sa famille désolée par un de ces maux inséparables de la vieillesse. Le second ..... ô forfait à jamais incroyable !....... il est mort ...... assassiné. A ces mots un torrent de larmes coula des yeux du vieillard, et des sanglots étouffèrent sa voix. Puis reprenant la parole : O bon Roi, s’écria-t-il, que n’étois-je alors à côté de toi ! comme je t’aurois défendu ! comme j’aurois présenté mon corps à l’assassin !

Le Songe, suivi du Discours d'un nègre conduit au supplice  

Camus-Daras, Nicolas-René / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Anti...

Le Songe, suivi du Discours d'un nègre conduit au supplice  

Camus-Daras, Nicolas-René / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Anti...

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