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( 10 ) eux, tous veulent frapper ; homme parmi mille bras sont levés contre lui. Il tombe, et d'une voix mourante : O liberté, dit-il, qu’il m’est doux de ne te point survivre ! mais que n’ai-je d’autres assassins ! Ainsi commença la monarchie gauloise. Ainsi commencèrent toutes les monarchies. Toujours du sang les fonda , et par une suite nécessaire , toujours du sang les maintient. De ce moment, le Gaulois vit peu-à-peu s’éteindre l’éclat de ces beaux jours qui l’avoient rendu si heureux. D’abord sous des Rois ambitieux , il lui fallut prendre les armes , non plus pour défendre ses foyers , non plus pour repousser un injuste agresseur ; mais pour envahir, mais pour se faire des compagnons d’esclavage , et de soldat citoyen fait soldat mercenaire , il ne fut plus que le servile instrument d’un bourreau couronné. Bientôt , sous des Rois fainéans il devint la proie de tant de ravisseurs , jaloux de maîtriser un maître femmelette , qu’obligé de combattre pour le choix des tyrans, il vendit son sang à qui voulut lui donner des fers. Ce fut alors que

Le Songe, suivi du Discours d'un nègre conduit au supplice  

Camus-Daras, Nicolas-René / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Anti...

Le Songe, suivi du Discours d'un nègre conduit au supplice  

Camus-Daras, Nicolas-René / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Anti...

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