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PRODUCTIONS.

Ton se servit d’huile de colza pour s’éclairer, parce que cette huile occasionnait beaucoup de mal-propreté, et répandait une odeur fort désagréable : on a trouvé depuis le moyen de l’épurer, en sorte qu’on n’en brûle ; pas d’autres aujourd’hui dans les spectacles, les cafés et les bals; la ville de Paris et toutes les grandes villes* de la République , sont éclairées avec celle huile, et elle est connue actuellement dans le commerce sous le nom d'huile à quinquets (1). On forme du mare qui reste , après que l’huile est exprimée de la graine de colza et de navette, des pains on tourteaux qui, délayés dans l’eau , donnent une boisson blanche très-nourrissante et très-saine pour les bêtes a laine et les bêtes à cornes. Les tiges ou pailles de ces végétaux peuvent servir pour brûler ; les habitans des campagnes s’en servent pour chauffer le four , et pour les autres usages de la cuisine, sur-tout dans les endroits où le bois est. rare. Les feuilles de colza, lorsqu’elles sont tendres , sont un aliment très-profitable aux. bestiaux ; elles donnent du lait aux vaches. D’ailleurs rien ne prépare mieux une terre pour y semer du froment , de l’orge ou de l’avoine, que d’y mettre auparavant du colza. La culture du colza, de la navette et du pavot, n’a pas lieu, à beaucoup près , dans tous les départemens de France ; elle se borne au contraire à quelques contrées que nous allons indiquer : 1°. La Dyle récolte beaucoup de colza , qui y est d’un très-grand produit , converti en argent. Sa graine et même ses feuilles fournissent de l’huile, dont il se fait des exportations assez considérables. 2°. Le département de Jemmape cultive aussi beaucoup (1) Les accroissemens qu’a pris ce commerce sont dns à un citoyen obscur, nommé Pierre Lavalar , de la commune d’Ingouville près le Havre, département de la Seine - Inférieure, qui parvint, le premier, à épurer ces huiles , et les rendre plus propres à la combustion. Il vendit ses procédés , qui furent appliqués aux huiles destinées à l’illumination du Paris. Pierre Lavalar n'avait; pas cependant obtenu une dépuration complète de la partie colorante. Ce fut un citoyen de Paris, nommé Carreau, qui, de l’an IV à l'an V, porta ces huiles au degré de limpidité qu’on leur connaît aujourd' hui, et avec lequel elles entrent dans le commerce , sous le nom d’huiles de spermaceti. Nous saisissons cette occasion de faire connaître ces citoyens utiles, dont les travaux n’ont pas peut-être été assez appréciés,

Statistique générale et particulière de la France et de ses colonies (T7) (2)  

Pierre Etienne Herbin de Halle / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des...

Statistique générale et particulière de la France et de ses colonies (T7) (2)  

Pierre Etienne Herbin de Halle / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des...

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