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281 VÉGÉTALE. 957 quintaux) de lin apprêté. « Au reste, dit le citoyen fessier, ce ne sont là que de simples aperçus, qui ne peuvent être les données de tous les pays, mais qui peuvent toujours fixer les idées sur la culture du lin. » Le ci-devant pays de Gaux entretient les nombreux ateliers de toiles qui y sont répandus ; l’excédant des besoins du pays est porté à la halle de Rouen, où il se vend une quantité considérable de pièces de toile. Dans ce même pays on vend beaucoup de ills simples ou retors , pour les teintures et pour les besoins domestiques. Le lin est un objet majeur d’où dépend l’existence, sur-tout des nonpropriétaires. Entre Dieppe et la ville d’Eu on cultive beaucoup de chanvre, qui est d’une grande ressource pour les travaux de la pêche, La culture du chanvre est considérable, et son produit très-important dans le département d'Ille et Vilaine, par la quantité de bras qui sont employés à ses diverses préparations, depuis la graine mise en terre jusqu’à son emploi en toile. On y récoltait, avant la révolution, plus de 150 mille myriagrammes de chanvre, qui étaient employés à faire des voiles et des cordages pour la marine; depuis quelques années leur qualité se détériore, et on craint que les négocians français ne soient forcés de tirer de la Russie et de la Sibérie les toiles à voiles nécessaires à leurs navires. Le lin est aussi un objet de culture très-intéressant pour ce departement, ainsi que pour celui des Côtes-du-Nord , surtout aux environs de Saint-Brieux et le long de la mer. D'après un rapport de Bagot, consigné par le cit. Tessier, dans les Annates d'Agriculture, tome IV, page 247, il résulte que sur 114 communes qui composent le ci-devant diocèse de Saint Brieux, il y en a 4o qui cultivent le lin ; qu'année commune on peut évaluer la récolte, dans les 40 communes, à 8 millions (391 mille 200 myriagrammes) (pesant de lia en bois, 1 million 200 mille livres (58 mille 680 myriagrammes) pesant de filasse apprêtée. La majeure partie est employée dans le pays, et convertie, dans les campagnes,en fils plus ou moins fins : ce genre de travail

est un des grands moyens de subsistance. Les petits cultivateurs ne vendent point de lin, parce que tout est employé par les gens de la famille; mais les riches fermiers, qui, quelquefois en recoltent jusqu'à 30 milliers (1500 myriagrammes ), en vendent à des voi-

Statistique générale et particulière de la France et de ses colonies (T7) (2)  

Pierre Etienne Herbin de Halle / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des...

Statistique générale et particulière de la France et de ses colonies (T7) (2)  

Pierre Etienne Herbin de Halle / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des...

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