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335 VÉGÉTALES. un rapport du citoyen Michel, chargé par le Gouvernement de parcourir les départemens, sont susceptibles d’amélioration. Dans certaines parties; par exemple , le seul territoire d’Arles nourrit plus de 3oo mille bêtes à laine : il en nourrirait plus de 600 mille si les propriétaires voulaient améliorer leurs pacages ; ils sont encore tels qu’ils sortirent des mains de la nature. Les montagnes de l’Isère , de la Drôme, des Hautes et Basses-Alpes n’offrent de l’herbe que pendant l’été : en hiver elles sont couvertes de neige. Les pâturages des Bouches-du-Rhône, du Var et de Vaucluse ne fournissent au contraire une nourriture saine et succulente que penant l’hiver ; en été, la nature du sol, en général aride, la longueur et l’intensité des chaleurs, ne permettent pas faire paître les troupeaux ; ils n’y trouvent plus qu’une herbe rousse et desséchée. C’est pourquoi il part tous les ans au printemps des Bouches-du-Rhône et du Var, 6 à 7oo mille bêtes à laine qui vont chercher une nourriture plus fraîche dans les montagnes de l’Isère, de la Drôme, de Gap et de Barcelonelte, pour revenir ensuite vers les derniers jours de brumaire paître pendant l’hiver sur leur domaine. On appelle cette méthode de faire passer le bétail d'un pays dans un autre transhumer. La dépense de ces troupeaux, dit le citoyen Michel, depuis leur départ des pâturages d’hiver jusqu’à leur retour, répartie sur chaque à laine est d’un franc 5o centimes environ par tête , ce qui forme une somme totale de 9oo mille francs, qui se répandent dans les départemens de la Drôme, de l’Isère, des Hautes et Basses-Alpes. Cette somme contribue beaucoup à entretenir l’aisance dans des pays peu fertiles. Il résulte de la situation des divers départemens que nous venons de parcourir, 1°. que ceux du Nord offrent vastes et riches prairies, où de nombreux troupeaux de bestiaux de toute espèce pâturent jour et nuit dans la belle saison , et où l’on récolte en outre des foins pour l'hiver ; 2°. Que ceux du Centre possèdent aussi de riches prairies, mais que l’usage des pâturages y est peu commun ; et la grande division des propriétés y fait que chaque particulier récolte des foins dont on engraisse les bœufs à l'étable ; 3°. Que les pâturages du Midi consistent, la plupart, dans les montagnes, ressources précieuses dans des pays d’ail-

Statistique générale et particulière de la France et de ses colonies (T7) (2)  

Pierre Etienne Herbin de Halle / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des...

Statistique générale et particulière de la France et de ses colonies (T7) (2)  

Pierre Etienne Herbin de Halle / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des...

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