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308 PRODUCTIONS a lieu de croire que les cultivateurs d’artichauts de Laon, trouvent plus de profit à ne les laisser que deux ans de suite dans la terre où ils les plantent, qu’à les y entretenir plus long-temps, comme on le fait dans les potagers; ce qui suppose qu’en les renouvelant souvent, ils donnent plus de têtes ou de plus belies ; on peut sur cela s’en rapporter à leur industrie et à leur intérêt. Un demi-hectare (arpent) propre à une plantation d'artichauts se loue, à Laon, de 70 à 90 francs. Sans doute ce prix considérable n’est pas dû seulement à l’excellence du terrain, mais à l’avantage de sa situation. En général, les terres qu’on cultive à la main , près des grandes villes , s’afferment plus cher que celles qu’on cultive à la charrue , parce qu’elles rapportent plus. A Laon, on donne aux bestiaux les feuilles d’artichauts à manger, au lieu de les lier, comme on fait dans quelques pays, pour les faire blanchir, et servir ensuite sur les tables en place de cardons. Le terroir de Laon peut produire en tout 60 mille têtes d’artichauts, sans compter les petites ; il s’en porte 30 à 40 mille à Paris ; le reste est pour les villes de Laon, Rheims, Châlons-sur-Marne , et Troyes; Paris en reçoit en outre de ses environs, de Chaulny et de Noyon , en très-grande quantité ; mais toujours sous le nom. d’artichauts de Laon. On a trouvé la manière de conserver les culs d’artichauts pour en faire usage en hiver dans les ragoûts. Ou les fait cuire à l’ordinaire ; on sépare du calice , les écailles appelées feuilles et foin : on jette les culs dans l’eau froide où ils se blanchissent. On les arrange sur des claies pour les mettre au four deux ou trois fois, lorsque le pain en a été retiré. Ils deviennent minces, durs comme de la corne ; mais ils reprennent leur première forme dans Peau chaude. On vend à Paris beaucoup de culs d’artichauts séchés. C’est à Laon , Chaulny et Noyon qu’on les fait sécher. Pour former 489 grammes ( une livre ) de celte denrée , il faut quarante têtes de grosseur commune.

Asperges. L’asperge ne se trouve guères que dans les potagers des gens riches ou du moins aisés. Cette plante est trop peu nourrissante, et sa culture exige trop de soins et de frais ,

Statistique générale et particulière de la France et de ses colonies (T7) (2)  

Pierre Etienne Herbin de Halle / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des...

Statistique générale et particulière de la France et de ses colonies (T7) (2)  

Pierre Etienne Herbin de Halle / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des...

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