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— 42 — encore une O. du Juge de police du Cap (15 fév. 1768 ; renouvelée le 11 fév. 1782) qui leur défendit de s’attrouper dans la ville, et de courir les rues en habit déguisé et sous le masque, notamment dans les jours du carnaval, sous peine de prison et du fouet; un R. des Adm., 8 juil. 1783, qui interdit aux employés de la poste de remettre des lettres aux noirs non munis d’un billet ; enfin, un autre R. Gén. et Int., 4 juin 1720, qui contient sur la toilette des gens de couleur des dispositions somptuaires très minutieuses, et bien rigoureuses, s’il est vrai que la parure soit un réel besoin pour la race noire. Il y est fait défenses à tous nègres ou mulâtres même libres de porter soie, rubans, dorures ou dentelle ; ceux qui, esclaves, servent à la culture, ne peuvent être habillés que de toile de vitré, ou grosse indienne pour les fêtes et dimanches ; ceux qui servent dans les maisons comme valets et servantes ne doivent être vêtus que de vitré, ou de morlaix, « ou de vieilles hardes équivalentes, seulement de leurs maîtres et maîtresses, avec colliers et pendans de rasade ou argent, et pourpoints et candalle de livrée ; » enfin les mulâtres et nègres libres peuvent seulement s’habiller de toile blanche, ginga, indienne ou autres étoffes analogues de peu de valeur; le tout, sous peine de prison, de confiscation des effets on bijoux défendus, et, ce qui est inoui, de la perte de la liberté en cas de récidive. J’ai souvent parlé déjà des billets que les maîtres doivent donner à leurs esclaves dans certaines circonstances, et il en sera encore question à propos de la désertion des noirs. J’emprunte à Petit, Traité sur le Gouvernement des esclaves (II, p. 155), quelques considérations que lui inspire cette législation, et que je crois très vraies. Et d’abord, il n’est, que trop certain que bien des maîtres ne savaient point écrire, et que la plupart des commandeurs étaient dans le même cas ; d’autre part, parmi ceux qui eussent été en état de satisfaire à notre obligation, il s’en devait trouver pour reculer devant une prescription d’une exécution facile, il est vrai, mais néanmoins ennuyeuse dans la pratique journalière de la vie. Enfin tout contrôle était rendu difficile par ce fait que la signature des maîtres était rarement connue des personnes qui pouvaient

Étude historique sur la condition légale des esclaves dans les colonies françaises  

Trayer, P./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Étude historique sur la condition légale des esclaves dans les colonies françaises  

Trayer, P./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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