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semble leur donner la liberté, puisque autrement il eût fallu les rendre à leurs maîtres. Embarquement. — Cette défense se relie à la précédente et résulte d’un même ordre d’idées. Néanmoins l’interdiction de se servir de noirs comme marins fut plus lente à s’établir, surtout en ce qui concerne la navigation commerciale ; à moins toutefois que les textes prohibitifs ne nous soient point parvenus ou aient été remplacés par la coutume. Quoi qu’il en soit, on voit par une Let. du min. à M. Ducasse, 25 déc. 1697, qu’il était d’usage d’embarquer des nègres à bord des flibustiers (et alors, par la force des choses, il devait se présenter souvent des circonstances où l’on était obligé de les armer). Mais en 1703, M. de Galiffet, par une O. du mois de nov., défendit aux capitaines corsaires d’embarquer des nègres esclaves, ou des nègres libres, dans leur bâtiment, à cause des difficultés suscitées par leurs propriétaires quand ils étaient pris ; et aussi parce que, connaissant bien nos côtes, ils pouvaient y servir de guide aux ennemis. Plus tard, on trouve deux A. du Cap (9 oct., 18 déc. 1784), qui défendent aux esclaves, nègres ou mulâtres, de commander un bâtiment, même au cabotage. Enfin, aux termes d’une consigne de MM. les Gén. et Int. (20 juin 1785), les gens de couleur libres ne pouvaient être employés comme patrons de navire et les esclaves comme matelots, que pour le cabotage autour de la Martinique (sauf, s’il y avait lieu, la responsabilité du maître). Commerce. — Ici les précautions qu’on prend contre les noirs sont destinées surtout à prévenir les vols, auxquels il faut bien reconnaître que la race nègre était assez sujette, et que l’isolement des habitations ou des champs de culture favorisait beaucoup. Dès 1677, un R. de la Martinique, 4 oct., fait défenses à aucuns nègres de traiter des cochons ou volailles sans billets de leurs maîtres, et enjoint, sous peine d’amende, à ceux à qui un noir proposera un pareil trafic, de l’arrêter ainsi que sa marchandise et d’en avertir le maître, qui l’enverra quérir et le fera châtier. L’art. 19 du Code noir interdit

Étude historique sur la condition légale des esclaves dans les colonies françaises  

Trayer, P./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Étude historique sur la condition légale des esclaves dans les colonies françaises  

Trayer, P./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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