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rielle du 24 oct. 1815; il y est ordonné de faire cesser à la Martinique le trafic des nègres qui y seraient amenés du dehors par tous autres bâtiments que des navires français partis de France pour la traite avant le 1er sept. 1815. L’année suivante, une autre dépêche du 16 juill. annonce que le roi consent à supprimer la traite immédiatement, quoique au mois de mai 1814, il ne se fût engagé à le faire qu’au bout de cinq ans (1). Du reste, le principe de l’esclavage n’était point mis en question; la lettre de 1816 en est bien la preuve; elle recommande, en effet, de prendre tous les soins possibles pour recruter les esclaves, absolument nécessaires à la culture, par les naissances; elle engage les gouverneurs à y encourager les maîtres, en donnant notamment des croix de la Légion d’honneur à tous ceux qui, par de bons procédés envers leurs noirs, pourront conserver et augmenter la population esclave, Une O. r. du 8 janvier 1817, applicable à toutes nos colonies, prononce la confiscation des négriers français ou étrangers qui tenteraient d’aborder ; mais les noirs trouvés à bord n’étaient pas, comme on pourrait le penser, déclarés libres ; notre texte décide qu’on les emploiera pour les travaux publics de la colonie (2). Il fut difficile d’arriver à l’exacte observation des nouveaux règlements et la traite continua encore assez longtemps, notamment à la Martinique, ainsi que le prouve une dépêche minist. du 30 janv. 1818. La même année, une L. du 15 avril prononça la confiscation de tous les navires servant à la traite et de leur cargaison, ainsi que de l’interdiction du capitaine, s’il était Français ; ces affaires devaient être instruites par les tribunaux compétents en ma(1) En Angleterre, l’esclavage était battu en brèche par un parti puissant, le Parti des Saints; son chef, M. Wilberforce, M. P., obtint, en 1807, un bill portant abolition de la traite. Dès lors, la Grande-Bretagne n’eut plus de cesse, pour conserver sa suprématie coloniale, que toutes les autres nations n’eussent suivi son exemple. (2) Pour assurer l’application de ce principe, il fut décidé que les navires négriers capturés ne seraient conduits en France que lorsqu’il n’y aurait point de noirs à bord; s’il y en avait, la seule destination qu’on leur assignât était une colonie française, et toujours Cayenne de préférence (Ordre minist. 12 août 1823).

Étude historique sur la condition légale des esclaves dans les colonies françaises  

Trayer, P./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Étude historique sur la condition légale des esclaves dans les colonies françaises  

Trayer, P./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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