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— 446 — en 1763, et les jésuites, à la Martinique, soulevaient une difficulté qui, un moment, arrêta les juges appelés à décider une question aussi grave. Les jésuites, soutenus par l’habileté de leur supérieur, le père Petrel, qui avait succédé au père de la Marche, voyant le Conseil prendre en considération le réquisitoire du procureur-général, en appelèrent au gouverneur et à l’intendant. A eux seuls, ils reconnaissaient le pouvoir, disaient-ils, d’examiner les titres soit de leur établissement, soit de leurs constitutions, évoquant les règlements faits par Louis XV ; puis enfin : « Par notre éta» blissement en ces îles, » ajoutaient-ils encore, « nous devons » être considérés seulement comme missionnaires envoyés pour » la conversion des infidèles, et pour desservir les cures catho» liques. Nous n’avons ici ni écoles, ni agrégations à l’Univer» sité, ni thèses à soutenir, ni noviciat pour former des élèves ; » et tous ces objets, qui pourraient avoir excité en France le » zèle des gens du roi, n’existant pas (1), » ils concluaient que leur conduite, comme curés, étant irréprochable, ils étaient à l’abri d’une juridiction qu’ils déniaient. Cette prétention, combattue dans un rapport que le conseiller de Perrinelle Dumay avait été chargé de faire à la cour, réunie extraordinairement à Saint-Pierre, les jésuites furent déboutés de leur demande, et, en conséquence, le 20 septembre 1763, il fut jugé que la cour passerait outre. Les pièces exigées furent déposées, examinées, contrôlées; les frères Petrel et Peyronny furent entendus. Leur défense fut consignée dans un plaidoyer imprimé, auquel répliqua le procureur-général Rampon de Sur(1) Pièces du procès instruit contradictoirement au Conseil Supérieur de la Martinique, entre le procureur-général d'une part, et la société de Jésus de l'autre, un volume in-12, sans date. Dans les réquisitoires du procureur-général de la Martinique, les jésuites sont appelés les soi-disant de la société de Jésus, et on les attaquait surtout sur le refus qu’fis avaient toujours fait de faire enregistrer au Conseil les lettres-patentes portant permission de s’établir à la Martinique, lettres-patentes à eux données par Louis XIV, en 1651. (Voir le tome III de cette Histoire, page 73.)

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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