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— 439 — la religion, de défendre sa victime, dans l’ouverture de son église aux Anglais. Nous avons parlé des controverses que ce nouveau supérieur des jésuites soutint contre les dominicains. Nous dirons seulement que le père Lavalette, parti de la Martinique après l’arrivée du père de la Marche, qui eut lieu, comme nous l’avons dit dans le chapitre XVII de cette partie de notre Histoire, le 26 mars 1762, alla cacher sa honte, et mourir dans un lieu dont on ne trouve aucune trace dans l’histoire. Le drame était joué à la Martinique. L’acteur qui en avait rempli le premier rôle avait été sacrifié ; mais, en France , s’en déduisait la morale, que nous allons aborder en peu de mots. » » » » » » » » » » »

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la liste des dettes de ce trop fameux missionnaire ; mais nous en savous assez pour décider que, sous prétexte d'augmenter les revenus de la maison de Saint-Pierre, le père Lavalette a ruiné la mission de la Martinique et les maisons des jésuites de France ; qu’il a déshonoré sa robe ; qu’il a dégradé son emploi ; qu’il a trompé ses supérieurs, ou qu’il s'est trompé lui-même, et que mieux il a possédé l’esprit de commerce, plus il s’est écarté de l’esprit de l’Église, de l’esprit de ses confrères et de l’esprit de son institut. Le père Lavalelte n'a fait qu’un seul bien, celui de justifier tous les autres missionnaires jésuites de l’accusation de commerce ; elle leur est intentée depuis longtemps ; depuis longtemps la haine veille, la politique observe, la calomnie aboie ; depuis longtemps, l’ancien et le Nouveau-Monde sont peuplés de missionnaires jésuites : partout ils sont exposés aux regards pénétrants de leurs ennemis. Le moment vient où le père Lavalelte attire tous les yeux : aussitôt l’Europe entière retentit de son nom. Celui du navigateur hardi qui découvrit l’Amérique, et celui du héros sanguinaire qui la conquit, ne furent pas divulgués avec plus de rapidité. Du moins la perle de l’ile qui a été le théâtre des intrigues du père Lavalelte a-t-elle fait moins de bruit, en France, que ces intrigues mêmes. Cent mille libelles les ont publiées, cent mille libelles les ont exagérées. Nul phénomène qui ait eu tant d’éclat, nul exploit qui ait eu tant de célébrité. Qu’en conclure ? Que, puisque l’on est si constant à épier, si habile à découvrir, si ardent à faire connaître ceux d’entre les missionnaires jésuites qui, malgré leur institut, seraient commerçants, le père Lavalelte est le seul qui l’ait été, par cela même qu’il est le seul qu’on ait fait connaître pour tel. »

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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