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— 357 — marine. Mais ce qui prouvait combien étaient imparfaites les Mesures prises par notre gouvernement pour ses intérêts coloniaux, c’était le développement que déjà prenait la Grenade, à

La fin de 1763. Cette île, qui avait vu luire un soleil brillant, soleil dont les rayons l’avaient vivifiée, par ses rapports avec la Martinique, avait acquis une certaine importance ; mais les craintes que la guerre procure aux colons en avaient éloigné le plus grand nombre. Néanmoins, privée de communications avec la Martinique, la culture de la canne s’était continuée avec quelques avantages à la Grenade. La culture du café, celle du cacao, s’y étaient également intronisées ; mais à Becouya, à Canaouan et à Maillerot, autrement dit aux Grenadins, n’avaient végété que quelques misérables vivant de pêche, et, de temps à autre, vendant quelques barquées de chaux faite avec les roches à ravets, qu’ils recueillaient sur les cayes qui les avoisinaient. Cariacou et l’Union, autres Mots formant cet archipel, n’avaient eu que des habitants passagers, sortes de pélerins qui, cherchant le repos et fuyant la misère, avaient espéré trouver, sur ces rochers arides, de quoi vivre sans rien faire. Mais, pour vivre, il faut boire, et, privés de sources , ils se voyaient chassés de ces îles, qui contenaient des zoopites, des polypes et des coquillages, en quantité suffisante pour sustenter des fainéants, mais qui redevenaient stériles dès que la saison des pluies était passée. Habitées par les Anglais, des citernes y furent creusées, des routes furent tracées, et ces rocs graniteux, couverts de cotonniers, apprirent aux Français ce que peut l’industrie, ce qu'amène la protection d'un gouvernement prévoyant. Aussi dirons-nous que l’Angleterre avait reconnu l’importance de la Grenade, qu’elle avait dégrevé les droits sur les cotons qui en proviendraient, que ses ingénieurs avaient visité cette île ainsi que les Grenadins, et que les colons français qui l'habitaient avaient, dès le début, participé à tous les avantages concédés aux nouveaux colons qui, de la métropole et des îles voisines, y accouraient. La Grenade, lancée dans une voie aussi large, devait égaler

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

Histoire générale des Antilles Tome 5 et 2 de la 2ème série. Suite  

Dessales A./Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. Collection...

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